Âgé de 36 ans, Dié Kouamé Mathieu, plus connu sous le nom d’artiste DJ Apparago, a connu une journée tragique après un accident de la circulation survenu le jeudi 17 septembre 2026 à M’batto. Déclaré mort après l’accident et transféré à la morgue, l’artiste a, selon ses proches, présenté des signes de vie le lendemain matin. Une situation qui a suscité l’émoi et l’incompréhension à Diékouadiokro, son village situé à 6 kilomètres de M’batto.
Sorti de la morgue et placé sous sérum, il a de nouveau été évacué vers l’hôpital de Bongouanou, où son décès a finalement été constaté. Sa tante, N’da Akoua Madeleine, ainsi que son producteur, Dr Jean Jacques, ont accepté de revenir sur les circonstances de cette journée particulièrement éprouvante.
Selon la tante N’da Akoua Madeleine, l’accident s’est produit le jeudi entre 11 heures et midi. DJ Aparango a indiqué qu’il avait faim et qu’il allait se trouver à manger. Il a alors enfourché sa moto et laissé ses téléphones portables à la maison avant de prendre la route. A écouter sa tante, l’artiste avait l’habitude de porter un casque, mais ne l’avait malheureusement pas fait ce jour-là. Sur son trajet, il a été impliqué dans une collision avec un tricycle au niveau d’un barrage de la mairie. Une barre de fer, qui fermait partiellement la voie, aurait compliqué le passage. D’après le récit de la tante, le tricycle et la moto se sont retrouvés face à face au même moment, provoquant une collision.
Le décès constaté à l’hôpital de Bongouanou
Projeté violemment au sol, DJ Apparago a subi un traumatisme crânien ainsi que plusieurs blessures. « Il avait beaucoup saigné », raconte Madeleine. Une passagère du tricycle aurait alors insisté pour que le blessé soit rapidement conduit à l’hôpital de M’batto. Selon elle, malgré la gravité de son état, l’artiste respirait encore et bougeait les membres. Son état nécessitant une prise en charge plus importante, il a ensuite été référé à l’hôpital de Bongouanou.
À Bongouanou, une ordonnance a été prescrite et les médicaments achetés à la pharmacie. Les proches, qui souhaitaient voir le blessé, ont cependant été invités à rester à l’extérieur de la salle de soins. « Quelques instants plus tard, on l’a vu sur un brancard. J’ai posé cette question : il y a quel problème encore ? On m’a dit qu’il devait être évacué à Dimbokro. J’ai dit : ok, allons-y donc », rapporte Madeleine.

La famille affirme toutefois que l’évacuation vers Dimbokro n’a finalement pas eu lieu. Le décès de DJ Apparago aurait été constaté à Bongouanou et son corps transféré à M’batto. Mais, sa tante dit n’avoir appris la nouvelle qu’après son retour au village. « Une fois au village, nous avons vu nos parents en pleurs. Nous leur avons demandé pourquoi ils pleuraient. C’est là qu’on m’a informée que ceux qui étaient avec nous leur avaient annoncé la nouvelle de son décès et que son corps était à la morgue de M’batto », raconte-t-elle.
L’annonce du réveil à la morgue
Alors que la famille s’apprêtait à se rendre à M’batto, le vendredi matin, une nouvelle incroyable se répand dans le village. Entre 8 heures et 9 heures, Diékouadiokro est en pleine agitation. « DJ Aparango s’est réveillé à la morgue ». « On nous a dit qu’Apparago s’est réveillé à la morgue. Toute étonnée, j’ai dit : comment est-ce possible ? Si c’en est ainsi, nous allons prendre des renseignements à M’batto », relate Madeleine. Un proche est alors envoyé à la morgue pour vérifier l’information. Selon la tante, celui-ci a confirmé que l’artiste présentait effectivement des signes de vie et qu’il avait été sorti de la morgue pour être confié à des médecins. Toujours selon son témoignage, aucun formol n’avait été administré au défunt après son arrivée à la morgue. Des personnes présentes ont constaté qu’il ouvrait et refermait les yeux. « Ceux qui l’ont vu disent qu’il ouvrait les yeux et les refermait. On l’a retrouvé les mains croisées au niveau du cœur », affirme-t-elle. Un jeune d’Ahounan, qui a assisté à la scène, a également rapporté avoir vu l’artiste ouvrir et fermer les yeux.
La foule et la nouvelle évacuation à l’hôpital
Face à ces signes de vie rapportés par les témoins, une ambulance a été sollicitée. Selon Madeleine, certaines personnes avaient même acheté une lame afin de déchirer les vêtements de l’artiste et faciliter son observation. « Ils ont mis leur oreille sur sa poitrine et ont entendu les battements du cœur. C’est comme ça qu’ils sont allés prendre une ambulance. Il a été mis sous sérum », raconte-t-elle.
Alertée, une foule nombreuse acclamant l’artiste a pris d’assaut l’entrée de la morgue, où l’ambulance a eu même du mal à se frayer un chemin. Le véhicule de secours sous les cris de joie des fans de celui qu’ilensuite lancé en toute vitesse sur l’hôpital général de Bongouanou. La famille, qui espérait alors une issue favorable, a suivi l’évacuation. Mais, à l’hôpital de Bongouanou, la nouvelle terrible leur a été annoncée. Selon les informations rapportées à la tante, le médecin aurait indiqué que le cœur de DJ Apparago avait cessé de battre 4 heures auparavant. « Je suis certaine qu’il s’est vraiment réveillé à la morgue la nuit. Mais jusqu’au petit matin autour de 9 heures, c’était trop tard. C’est un employé de la morgue qui a lancé l’alerte », soutient-elle.
Le producteur de l’artiste, Dr Jean Jacques, livre un récit qui rejoint celui de la famille. Il explique être allé présenter ses condoléances le vendredi matin avant d’être informé de la nouvelle selon laquelle Apparago a repris connaissance. « Entre 11 heures et midi, les gens sont venus vers moi en courant. Ils m’ont dit qu’il s’est réveillé. Nous nous sommes précipités à la morgue, mais je n’ai pas eu accès parce qu’il y avait une immense foule », raconte-t-il.
L’artiste a alors été évacué vers Bongouanou. Sur place, le producteur affirme avoir appris qu’il était finalement décédé, plusieurs heures auparavant.
Une famille qui cherche des réponses
Au-delà de la douleur, cette succession d’événements laisse de nombreuses interrogations au sein de la famille. La tante de DJ Aparango évoque, pour sa part, les difficultés qu’il avait traversées avant sa disparition. Elle estime notamment que son neveu avait connu plusieurs problèmes de santé et affirme qu’il avait été victime, selon elle, de jalousie en raison de son activité musicale.
Malgré des problèmes physiques qui l’avaient affecté au fil des années (il n’est pas né handicapé, mais avait mal au pied), DJ Apparago avait continué à poursuivre son rêve artistique. « Malgré son handicap, il avait juré de frayer son chemin en musique », confie Madeleine.
Au moment de sa disparition, l’artiste devait se produire à Abengourou. Il laisse derrière lui une épouse enceinte de huit mois et deux enfants.
SB








