La deuxième session ordinaire de l’année 2026 de l’Assemblée nationale s’est ouverte ce jeudi 1er octobre, avec au centre des travaux les enjeux liés au budget de l’État et à la mise en œuvre du Plan national de développement (PND) 2026-2030. Dans son discours d’ouverture, le président de l’institution, Patrick Achi, a appelé les députés à porter une attention particulière à la traduction concrète des ambitions économiques du gouvernement.
« Cette deuxième session ordinaire sera d’abord celle du vote du budget de la Nation. Et cette première session budgétaire de notre législature revêt une importance toute particulière », a déclaré Patrick Achi.Le président de l’Assemblée nationale a rappelé que le PND 2026-2030 a été adopté au premier semestre.
Le programme prévoit, sur cinq ans, près de 115 000 milliards de francs CFA d’investissements, dont plus de 70 % devraient être mobilisés auprès du secteur privé. « À nous donc d’étudier, dans un dialogue constructif avec le gouvernement, comment cette ambition se traduit dès le budget 2027, en priorité, en crédit, en projet et finalement en résultat pour nos concitoyens », a-t-il indiqué.
De l’annonce au financement effectif
Patrick Achi a également évoqué les résultats du groupe consultatif organisé en juillet, qui a suscité, selon lui, « d’importantes annonces et intentions de financement ». Ces perspectives, a-t-il estimé, témoignent de la confiance placée dans la Côte d’Ivoire. Mais le président de l’Assemblée nationale a insisté sur la nécessité de passer des engagements annoncés à la réalisation effective des projets.« Entre une intention de financement et une route ouverte, entre un crédit budgétaire et une école équipée, entre un programme annoncé et un emploi créé, il y a une étape décisive, l’exécution », a-t-il souligné.Il a rappelé que cette question de l’exécution est suivie depuis plusieurs années et appelé à son accélération afin de permettre au PND 2026-2030 d’atteindre ses objectifs.« Il appartient au gouvernement de conduire cette exécution, il appartient au Parlement d’en voter les moyens, d’en suivre l’utilisation et de contribuer à en apprécier les résultats », a poursuivi Patrick Achi.
Dans cette perspective, les commissions parlementaires devront travailler avec les membres du gouvernement, les administrations et les agences chargées de la mise en œuvre des politiques publiques. Les discussions devront porter à la fois sur les crédits proposés, les résultats attendus, les réalisations déjà enregistrées et les obstacles identifiés.
Agriculture, industrie, énergie et mines
Le suivi parlementaire concernera plusieurs secteurs stratégiques de l’économie ivoirienne. Patrick Achi a notamment cité « l’agriculture et l’industrie, l’énergie et les mines », ainsi que l’éducation et la santé. L’objectif affiché est de veiller à ce que les investissements publics produisent des effets concrets sur le quotidien des populations.« Comment mobiliser davantage de ressources ? Comment toujours mieux les orienter vers des projets utiles et comment maximiser leur impact pour nos concitoyens ? », s’est interrogé le président de l’Assemblée nationale à propos des instruments publics de financement.
La commission d’évaluation des politiques publiques devra également contribuer au suivi des engagements et à la mesure des résultats obtenus au fil des années.
Le financement de l’économie au menu des députés
Outre le budget, plusieurs textes portant sur l’économie figurent à l’ordre du jour de cette session. Patrick Achi a notamment annoncé l’examen de textes relatifs à la réglementation bancaire et à la microfinance. Ces projets de loi concernent notamment l’accès au crédit, la protection des déposants et les capacités d’action des entreprises et des ménages. Ils interviennent après l’adoption, au premier semestre, de textes en faveur des PME, de la commande publique et de l’activité économique.
Le président de l’Assemblée nationale a également insisté sur la nécessité de renforcer les instruments publics de financement afin de mieux mobiliser et orienter les ressources disponibles.
L’intelligence artificielle comme nouvel enjeu économique
Patrick Achi a enfin consacré une partie de son discours aux transformations liées à l’intelligence artificielle. Selon lui, cette technologie aura des conséquences sur les métiers, la productivité et l’organisation du travail.« Elle transformera les métiers, elle en fera apparaître de nouveaux, elle modifiera les rapports entre connaissances, travail et productivité », a-t-il déclaré.
L’Assemblée nationale entend se préparer à ces évolutions. Un premier cycle de formation destiné aux parlementaires doit débuter le 12 octobre avec le ministère de la Transition numérique et de l’Innovation technologique. Pour Patrick Achi, cette adaptation est nécessaire pour permettre au Parlement de mieux appréhender les transformations économiques et technologiques en cours.« Une institution qui cesse d’apprendre prend du retard sur la société qu’elle a vocation à servir », a-t-il affirmé.
La deuxième session ordinaire de 2026 s’annonce ainsi centrée sur l’examen du budget 2027, le suivi de la mise en œuvre du PND 2026-2030 et plusieurs réformes touchant directement au financement et au fonctionnement de l’économie ivoirienne.
Maxime KOUADIO








