Aux environs de 7 h 30 mardi 22 septembre 2026, une alerte parvient à la permanence de la Brigade de Recherche et d’Intervention (BRI) d’Abengourou. Dans le quartier Camp militaire, le corps sans vie d’un homme vient d’être découvert au cœur d’une plantation d’hévéa.
Dépêchés immédiatement sur les lieux, les policiers empruntent une piste qui les conduit au milieu des arbres. Ils y découvrent le corps d’un homme gisant sur le côté gauche. Son tee-shirt est maculé de sang et plusieurs blessures sont visibles, notamment à la tête, aux bras, au poignet ainsi qu’à l’oreille droite.
Une question s’impose alors aux enquêteurs : que s’est-il réellement passé dans cette plantation ? Après les premières constatations, les éléments de la BRI entreprennent une enquête de voisinage. Témoignages recueillis, informations recoupées et recherches menées dans les environs permettent progressivement aux enquêteurs de reconstituer les dernières heures de la victime. Leurs investigations les conduisent rapidement sur la piste d’un homme qui aurait quitté les lieux après les faits. Une battue est alors organisée dans les plantations environnantes. Les policiers progressent méthodiquement à travers la végétation avant de découvrir, dissimulé dans un abri de fortune au milieu d’une plantation, un homme qui cherchait manifestement à se soustraire aux recherches.
Il est immédiatement interpellé. L’individu se présente comme S. G., 45 ans, de nationalité burkinabè, exerçant comme manœuvre. Conduit dans les locaux des enquêteurs, il est entendu sur les circonstances du drame. Selon les déclarations recueillies par les policiers, les faits se seraient déroulés la veille, lundi 21 septembre, aux alentours de 20 heures. S. G. affirme avoir surpris, dans le campement de son employeur, un homme qu’il connaissait sous le prénom de Moïse. Il l’accuse d’avoir tenté de dérober deux poulets.
Au cours de l’altercation, S. G. reconnaît avoir porté plusieurs coups à Moïse, d’abord avec un gourdin, puis à l’aide d’une machette. Toujours selon les déclarations du suspect, celui-ci aurait ensuite traîné Moïse jusqu’à une piste située à environ 500 mètres de la cabane où les violences auraient eu lieu, avant de l’y abandonner. Quelques heures plus tard, vers 5 heures du matin, S. G. serait retourné sur les lieux. Il aurait alors constaté que l’homme ne bougeait plus. Pris de panique, le suspect aurait quitté les lieux pour se réfugier dans les plantations environnantes. Sa fuite prendra fin quelques heures plus tard, lorsque la battue organisée par la BRI d’Abengourou permettra aux policiers de le retrouver dans un abri de fortune.
Afin de poursuivre les investigations et de déterminer avec précision les circonstances du décès, plusieurs services ont été mobilisés, notamment la Police technique et scientifique, le Commissariat de police du 2ᵉ arrondissement d’Abengourou ainsi qu’un médecin légiste. L’examen externe du corps a notamment permis de relever des blessures compatibles avec l’action d’un objet tranchant ainsi que de plusieurs objets contondants.
Sur instructions du procureur de la République près le Tribunal de première instance d’Abengourou, S. G. a été placé en garde à vue, dans l’attente de son déferrement devant le parquet.
Une enquête a été ouverte afin d’établir, avec toute la précision requise, le déroulement des faits et les responsabilités éventuelles dans ce drame survenu au cœur d’une plantation d’hévéa.
Philomène Aquouamah








