Deux ans après sa condamnation pour diffusion de fausses informations et trouble à l’ordre public, El Hadj Mamadou Traoré, conseiller politique de Guillaume Soro, a recouvré la liberté ce jeudi 6 août 2026. Quelques heures seulement après sa sortie de prison, il a reçu à son domicile la visite de Koné Kamaraté Souleymane, plus connu sous le nom de « Soul To Soul », vice-président de Générations et Peuples Solidaires (GPS), venu transmettre un message de soutien au nom de l’ancien président de l’Assemblée nationale, toujours en exil.
Selon le cadre de GPS, cette visite s’inscrit dans une démarche de « réconfort et de solidarité » envers l’un de ses principaux cadres, dont le mouvement continue de dénoncer l’incarcération comme étant à caractère politique. Mandaté par Guillaume Soro, Soul To Soul s’est entretenu avec Mamadou Traoré, son épouse et ses proches. Le vice-président de GPS a affirmé être porteur d’un message de son leader à l’endroit de celui qu’il présente comme un « modèle de courage, de résistance et de résilience ». Il a également adressé des paroles « d’encouragement et d’espoir » à la famille de l’ancien détenu, saluant sa ténacité durant ses deux années d’emprisonnement.

À l’instar de Soul To Soul, lui-même confronté à plusieurs démêlés judiciaires dans le passé, Mamadou Traoré est à son deuxième passage en détention sous le pouvoir du RHDP, un contexte que GPS qualifie régulièrement de « répressif » à l’égard de ses responsables. En août 2024, la justice ivoirienne l’avait condamné à deux ans de prison ferme au terme d’une procédure en flagrant délit. Il était poursuivi pour diffusion de fausses informations sur les réseaux sociaux et trouble à l’ordre public. L’affaire avait notamment pris naissance après une publication dans laquelle il relayait une information selon laquelle les équipements militaires présentés lors du défilé de la fête nationale du 7 août auraient été loués auprès de la force européenne Takuba, alors déployée au Sahel, et non fournis par l’armée ivoirienne. Le message, supprimé par son auteur par la suite, avait été jugé de nature à troubler l’ordre public.
La libération de Mamadou Traoré intervient dans un contexte politique toujours marqué par les tensions entre le pouvoir et les proches de Guillaume Soro. Si GPS, formation politique dont la dissolution a été prononcée par la justice, célèbre le retour de l’un de ses cadres et y voit un motif d’espoir pour ses militants, cette sortie de prison ne met pas un terme aux profondes divergences qui opposent le mouvement au pouvoir ivoirien.
M.K








