Réunis vendredi 9 octobre à la Maison du parti du PDCI-RDA, à Cocody, Simone Ehivet Gbagbo, Pascal Affi N’Guessan et plusieurs responsables de l’opposition ont réaffirmé leur volonté d’harmoniser leurs propositions sur la réforme électorale. En dépit des documents déjà transmis au gouvernement et du retrait du PPA-CI d’une précédente démarche commune, les discussions se poursuivent pour obtenir un dialogue avec l’exécutif.
L’opposition ivoirienne poursuit ses concertations autour de la réforme de l’organe chargé de l’organisation des élections. Vendredi 9 octobre 2026, la Maison du parti du PDCI-RDA, à Cocody, a accueilli une rencontre consacrée au rapprochement des positions des différentes formations politiques sur la mise en place d’un nouvel organe électoral.
À l’invitation du PDCI-RDA, Simone Ehivet Gbagbo, présidente du Mouvement des générations capables (MGC), a pris part aux échanges aux côtés de représentants de la Coalition pour l’alternance pacifique en Côte d’Ivoire (CAP-CI), de l’Alliance pour la démocratie et la citoyenneté (ADCI) et du Haut Conseil des évêques (HCE). Pascal Affi N’Guessan et le vice-président du PDCI-RDA, Georges-Philippe Ezaley, ont également pris position sur les enjeux de cette concertation.
L’objectif affiché est de rapprocher les propositions élaborées par les différents regroupements de l’opposition avant l’ouverture d’un dialogue avec le gouvernement. Mais cette recherche de convergence intervient après plusieurs initiatives distinctes et le retrait du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI) d’un processus de concertation auquel il avait précédemment participé.
Des démarches séparées qui compliquent la convergence
La rencontre du 9 octobre s’inscrit dans la continuité des discussions entamées un mois plus tôt, le 9 septembre 2026. À l’issue de cette première réunion, les participants avaient notamment convenu de solliciter une consultation avec le gouvernement et de poursuivre, chacun de leur côté, l’élaboration de propositions avant de se retrouver pour en examiner les points de convergence.
Entre-temps, le ministère de l’Intérieur et de la Sécurité a engagé des échanges avec les formations politiques. Le PDCI-RDA a été le premier à être reçu et a transmis ses propositions écrites, présentées par ses responsables comme des principes directeurs qui ne constituaient pas encore un document définitif.
Le lundi 5 octobre, une autre partie de l’opposition, comprenant notamment le COJEP, le FPI, le MGC et d’autres formations, a également déposé ses propositions auprès du gouvernement. Cette démarche faisait suite à des discussions entre plusieurs acteurs politiques, auxquelles le PPA-CI avait pris part avant de se retirer au dernier moment du processus commun.
Cette succession d’initiatives a fait apparaître une difficulté : comment défendre une réforme de l’organe électoral tout en préservant les différentes sensibilités de l’opposition ?
Les responsables réunis à Cocody entendent précisément poursuivre les échanges pour éviter que la diversité des propositions ne compromette la recherche d’une position commune.
Georges-Philippe Ezaley insiste sur l’harmonisation
À la sortie de la rencontre ce vendredi, le vice-président du PDCI-RDA, Georges-Philippe Ezaley, a rappelé que la réunion ne visait pas simplement à faire le bilan des documents déjà déposés. Il s’agissait surtout de partager les informations recueillies depuis le 9 septembre 2026 et de réaffirmer la volonté des participants d’obtenir une consultation avec le gouvernement.
« L’important, c’est qu’on puisse se retrouver, voir quelle est la convergence, quelle est l’harmonisation qu’on peut faire avant ce dialogue que l’on veut avoir avec le gouvernement », a-t-il déclaré.
Le responsable du PDCI-RDA a également expliqué qu’un courrier signé par plusieurs partis de l’opposition avait été préparé pour solliciter cette consultation. Toutefois, l’invitation du ministre de l’Intérieur à des séances de travail a conduit les formations concernées à privilégier les échanges avec le gouvernement et le dépôt de leurs propositions.
Pour Georges-Philippe Ezaley, ces dépôts ne remettent pas en cause la démarche initiale. Les partis doivent désormais examiner leurs propositions respectives afin d’identifier les éléments susceptibles de faire l’objet d’un accord avant les discussions avec l’exécutif.
Simone Gbagbo veut « bâtir ensemble » le futur organe
Simone Ehivet Gbagbo a, pour sa part, insisté sur la nécessité d’obtenir un véritable cadre de discussion avec les autorités. Pour la présidente du MGC, le dépôt des propositions ne représente qu’une étape d’un processus dont l’objectif final est de participer à la définition du futur dispositif électoral.

« Notre objectif, notre souhait, ce n’est pas simplement de déposer une proposition au gouvernement, mais c’est que nous ayons des échanges véritables avec le gouvernement, pour bâtir ensemble un nouvel organe électoral », a-t-elle indiqué.
L’ancienne Première Dame a également souligné que les concertations entre les formations politiques devraient se poursuivre. Selon elle, les différentes propositions nécessitent un travail d’harmonisation afin de consolider les positions de l’opposition et de parvenir, autant que possible, à un consensus.
Cette approche suppose selon elle de dépasser les divergences apparues au cours des dernières semaines. Le retrait du PPA-CI de la démarche commune engagée avant le dépôt des propositions du 5 octobre constitue, à cet égard, un élément important du contexte dans lequel les discussions se poursuivent.
Affi N’Guessan appelle à une convergence des grands principes
Pascal Affi N’Guessan a reconnu que la diversité de l’opposition rendait le processus plus complexe. Entre les regroupements politiques, les initiatives individuelles et les documents élaborés séparément, la recherche d’une proposition commune exige, selon lui, un travail supplémentaire.
« Notre objectif, c’est que d’ici l’ouverture du dialogue que nous souhaitons, toute l’opposition se rassemble autour, si possible, d’une proposition convergente ou d’une convergence sur les grands principes », a-t-il expliqué.
Le président du FPI a toutefois estimé que les différences entre les propositions ne signifiaient pas nécessairement une opposition sur le fond. Il a indiqué que les grandes orientations défendues par le PDCI-RDA et celles de son groupe étaient proches, même si les documents ne présentaient pas le même degré de détail.
L’enjeu consiste désormais, selon lui, à déterminer comment les fonctions du futur organe électoral seront réparties entre des structures représentatives, capables de garantir son impartialité, sa neutralité et son indépendance.
Affi N’Guessan a défendu la poursuite du processus de concertation, malgré le fait que le gouvernement ait demandé aux différentes formations de présenter leurs propositions séparément. À ses yeux, cette démarche ne doit pas empêcher l’opposition de poursuivre le travail engagé en amont et de rechercher une convergence avant les discussions avec les autorités.
Le dialogue avec le gouvernement, prochaine étape
Au terme de cette rencontre, les participants ont réaffirmé leur volonté d’obtenir une consultation avec le gouvernement sur la composition, les missions et le fonctionnement du futur organe électoral. Une action doit être engagée en ce sens, selon Georges-Philippe Ezaley, afin de permettre aux différentes parties d’échanger sur les modalités d’une réforme consensuelle. Reste à savoir si cette nouvelle séquence permettra de rapprocher l’ensemble des composantes de l’opposition, notamment le PPA-CI, dont le retrait de la précédente démarche commune a illustré les limites du rapprochement engagé.
Pour l’heure, les discussions se poursuivent autour d’un double objectif : harmoniser les propositions existantes et obtenir un cadre de dialogue avec le pouvoir. Au-delà des textes déjà transmis au ministère de l’Intérieur, la capacité des partis à dépasser leurs différences constituera un enjeu central dans les négociations à venir sur le futur organe électoral ivoirien.
Maxime KOUADIO








