La controverse autour des déclarations du ministre de la Communication, Porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly sur Laurent Gbagbo, continue d’alimenter le débat politique ivoirien. Après la sortie du porte-parole du gouvernement lors d’un rassemblement du RHDP, le Congrès panafricain pour la justice et l’égalité des peuples (COJEP), dirigé par Charles Blé Goudé, est monté au créneau. Dans une déclaration rendue publique le 22 juillet, le parti appelle à davantage de retenue dans le discours politique et rappelle que l’ancien chef de l’État a été définitivement acquitté par la Cour pénale internationale (CPI).
Une charge politique qui ravive les clivages
Le week-end dernier, devant des militants du RHDP, le ministre Amadou Coulibaly a eu une réaction frontale contre la position de Laurent Gbagbo, quelques jours après la présentation par ce dernier de son projet de « Pacte social ». Le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement a qualifié l’ancien président de « champion des concepts creux et vaseux » et de « spécialiste de l’enfumage », estimant qu’il ne pouvait se prévaloir d’un discours sur la cohésion sociale au regard de son bilan. Évoquant la crise postélectorale de 2010-2011, Amadou Coulibaly a attribué à cette période des violences ayant touché des journalistes, des rédactions de presse ainsi que des populations civiles, avant d’opposer le projet politique de Laurent Gbagbo au bilan du président Alassane Ouattara. Des propos qui ont immédiatement suscité des réactions au sein de l’opposition.
Le COJEP invoque la responsabilité de la parole publique
Dans une déclaration signée par son porte-parole, Me Serge Ouraga, le COJEP estime que les responsables de l’État, en particulier le porte-parole du gouvernement, sont investis d’une responsabilité particulière dans un pays encore marqué par les blessures de la crise postélectorale. Le parti de Charles Blé Goudé souligne que près de quinze ans après les violences de 2011, la Côte d’Ivoire poursuit un processus de réconciliation qu’il juge « précieux mais fragile ». Selon lui, la parole des autorités publiques devrait avant tout contribuer à consolider la cohésion nationale plutôt qu’à raviver les antagonismes politiques. Sans remettre en cause le débat démocratique, le COJEP considère que les déclarations sur les épisodes les plus sensibles de l’histoire récente doivent être guidées par un souci de rassemblement et de responsabilité.
Le rappel de l’acquittement de Laurent Gbagbo
L’autre point central de la déclaration concerne le statut judiciaire de Laurent Gbagbo. Le COJEP rappelle que l’ancien président a été définitivement acquitté par la Cour pénale internationale dans le dossier lié à la crise postélectorale, estimant que cette décision fait désormais partie du cadre institutionnel de lecture des événements de 2010-2011. Pour le mouvement de Charles Blé Goudé, les prises de parole publiques devraient intégrer cette réalité judiciaire afin d’éviter d’entretenir les polémiques autour d’un dossier clos devant la juridiction internationale.
Recentrer le débat sur les préoccupations des Ivoiriens
Au-delà de cette controverse, le COJEP invite la classe politique à déplacer le centre du débat vers les préoccupations quotidiennes des populations. Dans son communiqué, le parti cite notamment l’emploi des jeunes, le coût de la vie, la santé, l’éducation, la justice, la sécurité, le développement économique et le renforcement des institutions comme les véritables attentes des citoyens.
Selon la formation politique, ces questions devraient occuper une place prioritaire dans le discours public à l’approche des prochaines échéances politiques.
Le COJEP conclut sa déclaration par un appel aussi bien au pouvoir qu’à l’opposition. Tout en reconnaissant que les divergences politiques sont inhérentes au fonctionnement démocratique, le parti estime qu’elles ne doivent pas compromettre les efforts engagés depuis plusieurs années en faveur de la réconciliation nationale.
Le mouvement réaffirme ainsi son engagement pour une Côte d’Ivoire « réconciliée, stable et prospère » et exhorte les responsables politiques à privilégier un langage de responsabilité et d’apaisement, dans un contexte où les mémoires de la crise postélectorale continuent de nourrir les confrontations politiques.
Maxime KOUADIO








