La justice ivoirienne poursuit le traitement des dossiers liés aux tensions ayant entouré l’élection présidentielle de 2025. Ce lundi 20 juillet 2026, six militants du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) ont recouvré la liberté après neuf mois de détention. Une décision qui intervient dans un climat de décrispation progressive de la vie politique.
La remise en liberté a été prononcée à l’issue d’une audience de la Chambre antiterroriste. Les bénéficiaires de cette décision sont ALLO Pacome Didier, KOULEON Manhenin, N’CHO Gnangoran, MABO Koffi Jean Marc, OUATTARA Kinjinlman et NIANGORAN N’Guessan Édouard. L’information a été rendue publique par Ange Rodrigue Dadjé, l’un des avocats de la défense, à travers une publication sur les réseaux sociaux, rapidement relayée par les militants et sympathisants du principal parti d’opposition.
Les séquelles d’une présidentielle sous tension
Les six militants avaient été arrêtés entre le 30 septembre et le 4 octobre 2025, alors que la Côte d’Ivoire traversait une période de vives tensions politiques à l’approche du scrutin présidentiel. À cette époque, les manifestations organisées par l’opposition contre la candidature du président Alassane Ouattara à un quatrième mandat avaient conduit à une série d’interpellations. Plusieurs responsables locaux du PDCI avaient été arrêtés lors d’opérations menées par la Brigade de recherche et d’intervention (BRI) de la Gendarmerie nationale et la Direction de la surveillance du territoire (DST), avant d’être placés sous mandat de dépôt. Leur maintien en détention pendant neuf mois était devenu, pour le PDCI, l’un des symboles des contentieux judiciaires hérités de la présidentielle.
Une dynamique de décrispation qui se confirme
Cette nouvelle décision judiciaire intervient quelques semaines après la remise en liberté de plusieurs personnalités proches du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI), parmi lesquelles l’ancien ministre de la Défense Moïse Lida Kouassi, le cyberactiviste Ibrahim Zigui et le militant Gala Kolebi.
Tous avaient été arrêtés avant le scrutin présidentiel d’octobre 2025 et étaient détenus au pôle pénitentiaire d’Abidjan. Moïse Lida Kouassi faisait notamment l’objet de poursuites pour « acte de terrorisme », tandis qu’Ibrahim Zigui avait été condamné en mai 2026 à cinq ans d’emprisonnement pour « trouble à l’ordre public ». Ces libérations successives sont interprétées par plusieurs observateurs comme les signes d’un apaisement progressif du climat politique, même si les autorités judiciaires n’ont établi aucun lien officiel entre ces différentes décisions.
L’attente d’un règlement global
Malgré ces évolutions, les principaux partis de l’opposition estiment que le processus reste inachevé. Le PPA-CI affirme que plusieurs de ses responsables et militants demeurent encore incarcérés dans des dossiers liés aux violences préélectorales et postélectorales de 2025. Du côté du PDCI, la remise en liberté des six militants est accueillie comme une étape importante, sans pour autant clore les débats sur les procédures engagées après la présidentielle, notamment la révision de la liste électorale que réclame ec parti octogénaire.
À un peu plus de neuf mois du scrutin de 2025, dont les conséquences judiciaires continuent de produire leurs effets, ces décisions illustrent la volonté de tourner progressivement la page d’une séquence politique particulièrement tendue. Elles pourraient également contribuer à alimenter les appels au dialogue et à l’apaisement formulés par une partie de la classe politique et de la société civile, dans un contexte où la consolidation de la confiance entre les acteurs demeure un enjeu majeur.
Maxime KOUADIO








