La 5ᵉ Journée nationale de diabétologie Adrien Lokrou (JNDAL) et la 1ʳᵉ Journée ivoirienne de la thyroïde Adrien Lokrou (JITAL) se tiennent du 23 au 25 septembre 2026 à l’Institut national de santé publique (INSP).
Les travaux portent notamment sur la prise en compte de la santé mentale dans le suivi des personnes vivant avec le diabète ou des pathologies thyroïdiennes.Placées sous le thème « Diabète, thyroïdopathies et le fardeau invisible : mieux dépister et soutenir la santé mentale », ces journées réunissent des professionnels de santé, des chercheurs, des étudiants et différents partenaires.
Les participants échangent sur les liens entre les maladies endocriniennes et la santé mentale, ainsi que sur les moyens d’améliorer le dépistage et l’accompagnement des patients.
À l’ouverture des travaux, le Dr Acka Félix, médecin endocrinologue et président de l’Amicale des médecins endocrinologues diabétologues de Côte d’Ivoire (AMESI), a expliqué les raisons ayant conduit au choix de ce thème. Selon lui, la prise en charge des maladies chroniques doit désormais aller au-delà du suivi des paramètres biologiques. Il a notamment appelé à prendre en considération les conditions de vie des patients, leur environnement familial et social ainsi que leurs difficultés personnelles et professionnelles.
Cette démarche doit permettre, selon lui, d’adapter davantage les traitements aux réalités de chaque patient.Le professeur Charles Roger Delafosse, psychiatre et ancien directeur de l’INSP, a pour sa part mis l’accent sur le rôle de l’entourage familial. Il estime que l’accompagnement d’un malade ne peut être dissocié de son environnement, la famille pouvant contribuer à l’aider à mieux vivre avec sa maladie et à maintenir son équilibre.
Les échanges ont également porté sur la nécessité d’une meilleure collaboration entre les différentes disciplines médicales. Le Dr Adoueni Katché Valery, directeur coordonnateur du Programme national de lutte contre les maladies métaboliques et de prévention des maladies non transmissibles (PNLMM/MNT), a appelé à renforcer les liens entre endocrinologues, diabétologues, psychiatres et psychologues.
Il a souligné que le diabète et les pathologies thyroïdiennes peuvent avoir des répercussions sur le sommeil, le moral et l’équilibre psychologique. Selon lui, la détresse psychologique, l’anxiété ou la dépression peuvent également affecter l’observance thérapeutique et compliquer le contrôle de la maladie.Dans ce contexte, le responsable du PNLMM/MNT a plaidé pour un dépistage « précoce et multidimensionnel », intégrant la recherche de signes de souffrance psychologique aux examens médicaux habituels.
Il a également annoncé que les recommandations issues des travaux devraient contribuer à l’évolution des directives nationales de prise en charge des maladies non transmissibles.
La rencontre comprend également des activités destinées au grand public. Des dépistages gratuits du diabète, de l’hypertension artérielle et de la dyslipidémie sont prévus, ainsi que des activités physiques.
Les JNDAL et JITAL rendent par ailleurs hommage au professeur Adrien Lokrou, figure de l’endocrinologie et de la diabétologie en Côte d’Ivoire.Pendant trois jours, les participants poursuivent ainsi les échanges autour d’une même préoccupation : améliorer la prise en charge des maladies chroniques en intégrant davantage la santé mentale et les conditions de vie des patients.
Maxime KOUADIO








