Le différend foncier autour de terrains situés à Anyama-Ahoubo a fait l’objet d’une prise de parole de Mory Soumahoro, directeur général d’ESTP, et de plusieurs propriétaires coutumiers de la zone. Mercredi 23 septembre, ils ont présenté leur version des relations foncières et contractuelles impliquant Touré Ahmed Bouah, PDG de SOPHIA SA.
Mory Soumahoro a notamment contesté les éléments faisant état d’une superficie de 629 hectares dans le cadre de ses relations avec Touré Ahmed Bouah. Selon lui, les discussions entre les deux hommes ne portaient pas sur cette superficie. « Touré Ahmed Bouah et moi n’avons jamais parlé de 629 hectares. L’ACD qu’il m’a donné concerne 346 hectares », a-t-il déclaré. Il a ajouté que cette parcelle avait ensuite été vendue à des entreprises publiques.
Le directeur général d’ESTP a également distingué cette parcelle des terrains situés à Anyama-Ahoubo sur lesquels son entreprise intervient. « À Ahoubo, je ne travaille pas au nom de Touré Ahmed Bouah. Je travaille au nom de la famille Affou Mambo », a-t-il expliqué. Mory Soumahoro précise que son intervention à Ahoubo se faisait avec l’accord de la famille concernée et sous le regard de la chefferie. Il a indiqué avoir reçu une attestation délivrée à cet effet.
Les explications d’un propriétaire coutumier
Affou Mambo Thomas, présenté comme propriétaire terrien à Anyama-Ahoubo, a également livré sa version des discussions engagées avec Touré Ahmed Bouah. Selon lui, plusieurs réunions avaient été organisées avec le PDG de SOPHIA SA autour des terres familiales. Il affirme qu’un accord avait été envisagé, mais que les familles n’auraient pas reçu les sommes qui devaient leur être versées.

Affou Mambo Thomas explique, par ailleurs, que les propriétaires avaient eux-mêmes sollicité Mory Soumahoro pour l’aménagement d’une partie des terres qu’ils disent encore détenir. « C’est nous qui avons sollicité Soumahoro pour qu’il travaille avec nous. Nous lui avons confié les 5 hectares de terres qu’il nous reste pour qu’il les aménage », a-t-il déclaré.
Le témoignage du chef Djoman
Le chef Djoman, chef de quartier à Anyama-Ahoubo, a lui aussi apporté son témoignage sur le dossier. Il affirme que le chef sortant du village, Asso Asso Jean Firmin, n’aurait jamais délivré de document à Touré Ahmed Bouah concernant les terres d’Ahoubo. « Il n’a pas 1m² de terre à Ahoubo », a déclaré le chef Djoman. Il a également réagi à la superficie de 629 hectares évoquée dans le dossier. Selon lui, cette superficie engloberait notamment le Cafop ainsi que le village lui-même. « Les 629 hectares dont parle ce dernier vont du Cafop au village qui y est inclus. Pensez-vous qu’on va vendre notre village à Touré Ahmed Bouah ? », a-t-il déclaré.
Maxime KOUADIO








