Les jeunes du département de Bangolo, réunis au sein du Conseil national de la jeunesse de Côte d’Ivoire (Cnjci) étaient face aux autorités administratives le vendredi 24 juillet 2026 dans le cadre de la journée consultative de la jeunesse initiée par le gouvernement ivoirien. L’occasion était toute belle pour le président départemental de la jeunesse, Keï Tienkoua Yves et ses pairs d’exposer au préfet Lacina Diarrassouba et ses collaborateurs les difficultés qui sont les leurs. Dans leurs propos, les différents intervenants ont dit rencontré de nombreuses difficultés autant sur le foncier, les dissensions en leurs propres seins qu’au niveau de leurs insertions professionnelles.
Une pléiade de doléances au gouvernement.
Prenant la parole, le représentant de la jeunesse de la sous-préfecture de Gohouo Zagna, Taï Boyaka a indiqué que les populations formant la ceinture du mont Peko seraient étouffées par les activités des éléments de l’Office ivoirien de la protection des réserves (Oipr) en charge de la préservation de ce couvert forestier. « Chaque jour, ce sont de nouvelles délimitations. Aujourd’hui, nous ne savons plus quelle est la limite réelle du mont Peko. Nos parents sont chassés de leurs plantations nuits et jours. Finalement, nous les enfants de ces planteurs que deviendrons-nous ? Nous voudrions qu’une fois pour toute, on vienne nous montrer la vraie limite de la réserve naturelle du mont Peko. Nous sommes fatigués », a-t-il lancé, sous forme de plaidoyer. A la suite de Taï Boyaka, Doh Serge, le secrétaire du président de la jeunesse du village de Bléniminhouin, a dénoncé le faible taux de projets en faveur de la jeunesse pouvant impacter sa vie sociale. « Nous jeunes de la sous-préfecture de Bléniminhouin, donc riverains du mont Peko, sommes vraiment désorientés. Par le passé, on nous a demandé de nous inscrire pour des projets à Impact direct. Vingt-cinq (25) associations se sont inscrites. Mais au final, seules trois associations ont été sélectionnées pour ces projets. Nous sommes dans une longue attente qui ne finit pas. Comment ces jeunes désœuvrés ne vont-ils pas s’adonner à des actes répréhensibles », a-t-il posé. Les autres intervenants ont dénoncé des conflits fonciers avec des allochtones, l’acquisition des titres fonciers amorcées par le gouvernement et la construction d’un centre de service civique pour une meilleure éducation des jeunes dont bon nombre sont des orphelins des différentes crises que la Côte d’Ivoire a traversées.
L’appel au civisme et à la responsabilité du préfet
Répondant à ses interlocuteurs du jour, le préfet Lacina Diarrassouba a salué le dynamisme et le comportement exemplaire de certains jeunes tout en appelant d’autres à faire preuve de civisme et de responsabilité. « Je voudrais saluer votre courage et le dynamisme de certains d’entre vous. Malheureusement, parmi vous certains continuent de poser des actes condamnables », a exposé le représentant du chef de l’État qui a évoqué des cas de bagarres entre des jeunes et les forces de sécurité et des vols successifs dont les services et administrations sont victimes. « Dans la nuit du dimanche 19 au lundi 20 juillet, le climatiseur alimentant mon bureau a été emporté. Il n’y a pas longtemps, le bureau du sous-préfet a été vandalisé, le disque dur de son ordinateur emporté. Mais, le plus grave c’est que toute l’installation électrique de la nouvelle préfecture d’une valeur de cent cinquante millions (150.000.000) a été emporté. Comment voulez-vous que l’État se soucie de vous si vous posez des actes de défiance ? Dépouiller une administration de tous ses biens est un acte très grave », s’est emporté le préfet. « Il faut revenir à nos valeurs, c’est à dire le civisme, le respect de l’autorité et le travail », a-t-il terminé, non sans rassurer de traduire les préoccupations recueillies au gouvernement. Le président départemental de la jeunesse, Yves Tienkoua a salué la richesse des échanges et a dit faire confiance au gouvernement ivoirien. Aussi s’est-il promis de mener une vaste campagne de sensibilisation dans les jours à venir.
Eddy Smith, Correspondant régional








