La commémoration du 19 septembre 2002 continue de susciter des débats au sein de l’opinion nationale, particulièrement dans la classe politique ivoirienne. Cette date appartient désormais à l’histoire récente de la Côte d’Ivoire. Quelles que soient nos appartenances politiques, nous devons avoir le courage de regarder cette histoire en face et d’en tirer les leçons nécessaires.
Depuis plusieurs années, le PPA-CI commémore le 19 septembre 2002. Pour de nombreux Ivoiriens, cette date reste douloureusement associée à la perte d’un proche, à la destruction de biens ou à des blessures qui, pour certaines, demeurent encore profondes. C’est pourquoi la commémoration de cette journée ne devrait pas être perçue uniquement comme un rendez-vous politique. Elle devrait également être un moment de réflexion collective sur notre histoire et sur les conséquences des crises qui ont marqué notre pays.

Au-delà des clivages politiques, la sagesse, le pardon, la repentance et la réconciliation doivent guider notre rapport au passé. L’objectif doit être clair, faire en sorte que la Côte d’Ivoire ne revive jamais les événements tragiques du 19 septembre 2002. Pour les générations futures, cette date doit devenir un moment de mémoire, mais également de promotion de la paix, de la cohésion sociale, de l’unité et de la réconciliation nationale. Notre histoire ne doit pas servir à opposer les Ivoiriens. Elle doit, au contraire, nous permettre de comprendre les erreurs du passé afin de mieux construire l’avenir. Rien ne devrait nous conduire à fragiliser notre pays ou à dresser une communauté contre une autre.
Dans ce contexte, la récente prise de parole de Guillaume Soro, ancien leader de la rébellion, et l’organisation d’un colloque consacré à cette période pourraient contribuer à ouvrir un débat historique plus large.

Historiens, responsables politiques et acteurs de la société civile ont tous un rôle à jouer dans cet exercice de mémoire et de réflexion. Il s’agit notamment de comprendre les causes et les conséquences de la crise, d’écouter les différentes mémoires et de favoriser un dialogue permettant de renforcer les bases d’une démocratie véritable.
Une démocratie durable suppose également que chaque citoyen, chaque région et chaque communauté se sente respecté et considéré. Les frustrations, les injustices réelles ou ressenties et les exclusions peuvent nourrir les tensions lorsqu’elles ne sont pas prises en compte. Le devoir de mémoire doit donc être un devoir de responsabilité. Se souvenir ne signifie pas nécessairement raviver les blessures ; cela peut aussi permettre de les comprendre et de travailler à leur dépassement. Le 19 septembre 2002 doit nous rappeler une chose essentielle, la paix n’est jamais définitivement acquise. Elle se construit, se protège et se transmet.
Pour les générations futures, faisons donc de la mémoire un instrument de réconciliation et non de division, afin que la Côte d’Ivoire demeure une nation unie, pacifique et indivisible.
Evariste ADOU, Journaliste et Analyste Politique
NB: Le titre est de la Rédaction








