DÉCLARATION DU PRÉSIDENT DU MFA : « MAOULOUD, UN APPEL À LA PAIX, À LA FRATERNITÉ ET À L’UNITÉ NATIONALE »
Ivoiriennes, Ivoiriens, mes chers compatriotes,
À la suite du Maouloud, moment de ferveur, de recueillement et de communion consacré à la mémoire de la naissance du Prophète Muhammad (Paix et Salut sur Lui), je voudrais adresser à l’ensemble de la communauté musulmane de Côte d’Ivoire mes pensées fraternelles et mes vœux de paix. Au-delà de la célébration, vient désormais le temps de l’enseignement. Le message prophétique nous rappelle que la foi ne peut être séparée de la justice, de la solidarité, de la miséricorde, du respect de la dignité humaine et de l’attention portée aux plus vulnérables. Ces valeurs dépassent les frontières d’une communauté religieuse et rejoignent les aspirations profondes de notre Nation.
La Côte d’Ivoire a aujourd’hui besoin de fraternité autant qu’elle a besoin de développement. Nous pouvons construire des routes, des ponts, des écoles et des hôpitaux, moderniser nos villes et transformer notre économie. Mais la plus grande construction restera toujours celle qui rapproche les cœurs, restaure la confiance et permet à chaque citoyen de regarder son compatriote comme un frère plutôt que comme un adversaire.
Notre diversité religieuse doit demeurer une richesse nationale. Musulmans, chrétiens et adeptes de nos traditions ancestrales partagent une même terre, une même République et surtout un même destin. La Côte d’Ivoire ne doit jamais devenir un pays où l’appartenance religieuse, ethnique, régionale ou politique détermine la valeur d’un citoyen. Nous devons transmettre à nos enfants une République dans laquelle chacun peut être fier de son identité sans avoir besoin de diminuer celle de l’autre. Nos différences sont des héritages. La Côte d’Ivoire est notre maison commune.
À notre jeunesse, je voudrais particulièrement m’adresser. Le Prophète Muhammad nous enseigne la patience, la responsabilité, la recherche du savoir, la solidarité et le respect de la parole donnée. À une époque marquée par la puissance des réseaux sociaux, la radicalisation de certains discours et parfois la banalisation de la violence verbale, notre jeunesse doit retrouver la force de la connaissance, du travail, de la discipline et du respect. Je l’invite à refuser les discours qui dressent les Ivoiriens les uns contre les autres et à ne jamais devenir l’instrument des ambitions politiques, des divisions communautaires ou des manipulations identitaires. La jeunesse ivoirienne ne doit pas hériter de nos divisions. Elle doit hériter de notre capacité à les dépasser.
J’en appelle également aux responsables politiques, religieux et communautaires, aux intellectuels, aux journalistes et à tous ceux dont la parole influence notre société. Nous avons une responsabilité particulière. Une parole peut apaiser une communauté comme elle peut l’embraser. Une décision peut rapprocher les citoyens comme une injustice peut installer durablement la frustration. Diriger, informer, enseigner ou guider, c’est aussi mesurer le poids de ses paroles et de ses actes.
Au Mouvement des Forces d’Avenir, nous considérons que la paix ne doit jamais être regardée comme un acquis définitif. Elle se protège, se nourrit et se transmet. Elle exige la justice, le dialogue, la solidarité et surtout une République dans laquelle aucun citoyen ne doit se sentir étranger dans son propre pays. Après le Maouloud, faisons donc vivre ces enseignements au-delà des mosquées et des cérémonies. Faisons entrer davantage la fraternité dans nos familles, nos quartiers, nos écoles, nos administrations, nos entreprises et jusque dans notre manière de faire de la politique.
Notre pays sera d’autant plus fort que chaque Ivoirien comprendra que la réussite de son voisin n’est pas une menace et que l’identité de l’autre n’efface jamais la sienne. Notre avenir collectif dépendra de notre capacité à transformer nos différences en complémentarités et nos mémoires particulières en une destinée nationale partagée.
Je souhaite enfin que les prières élevées durant cette célébration accompagnent notre pays, nos institutions, nos dirigeants, nos forces de défense et de sécurité, nos familles ainsi que toutes les personnes éprouvées par la maladie, le deuil, la pauvreté ou la solitude. Que Dieu protège la Côte d’Ivoire, qu’Il fortifie la paix entre ses enfants et nous donne la sagesse de toujours préférer ce qui nous rassemble à ce qui nous divise.
Après le Maouloud, que demeure l’essentiel, la foi qui élève, la solidarité qui rapproche et la fraternité qui construit la Nation.
Vive la fraternité entre les religions, vive l’unité nationale, vive la République et vive la Côte d’Ivoire, unie, fraternelle et confiante en son avenir.
Fait à Abidjan, le 24 août 2026
Yaya FOFANA
Président du Mouvement des Forces d’Avenir (MFA)






