Après l’annonce du décès de Georges Taï Benson, Alpha Blondy lui a rendu hommage dans une longue publication diffusée ce dimanche. Le chanteur ivoirien revient notamment sur leur rencontre en 1982 et sur le rôle déterminant joué, selon lui, par l’ancien animateur de la RTI dans le lancement de sa carrière musicale.
Dans son témoignage, Alpha Blondy replonge d’abord dans la Côte d’Ivoire des années 1980, lorsque la télévision occupait une place centrale dans les foyers. Il évoque la figure de Georges Taï Benson, alors l’un des visages les plus connus du petit écran, notamment à travers le « 4B Show ».
Pour Alpha Blondy, Georges Taï Benson représentait bien plus qu’un animateur. Il le décrit comme « une bibliothèque vivante », un homme doté d’une mémoire exceptionnelle, capable de raconter une époque et de faire revivre, par ses récits, les personnages et les événements qui l’avaient marquée. Mais c’est surtout leur rencontre qui occupe une place centrale dans l’hommage du chanteur.Alpha Blondy raconte qu’en 1982, avant de connaître la notoriété, il travaillait notamment dans la traduction à la RTI après avoir été introduit au Studio 302 par Roger Fulgence Kassy. C’est dans cet environnement qu’il rencontre Georges Taï Benson.
À cette époque, explique-t-il, il n’était encore qu’un artiste en devenir, alors que Georges Taï Benson bénéficiait déjà d’une importante notoriété et d’un large réseau. Selon le récit d’Alpha Blondy, l’animateur lui aurait alors demandé ce qu’il ferait s’il était produit. Le jeune artiste aurait répondu avec assurance qu’il ferait de son producteur un homme riche.Georges Taï Benson aurait alors accepté de tenter l’aventure.
Alpha Blondy affirme avoir refusé de formaliser immédiatement un contrat, préférant s’en remettre à une sorte de pacte symbolique entre eux et Dieu.« Nous sommes déjà trois témoins ici : Dieu, vous et moi », rapporte-t-il dans son hommage.
Georges Taï Benson mobilise ensuite des musiciens de la RTI et conduit le projet vers le studio JBZ. C’est dans ce contexte que sont enregistrés plusieurs titres, parmi lesquels « Bêbi Yêrê », « Brigadier Sabari » et « Jah Glory ».Alpha Blondy rappelle que les sessions d’enregistrement auraient été réalisées en seulement deux jours. Il évoque également le travail effectué autour du son de sirène utilisé dans « Brigadier Sabari », ainsi que l’intervention de Wonpier, présenté comme l’ingénieur du studio à cette époque et père du défunt artiste DJ Arafat.
Pour Alpha Blondy, cette première production constitue l’un des moments fondateurs de son parcours artistique. Il compare son propre destin à une graine et Georges Taï Benson au vent qui lui aurait permis de grandir.« Boss avait osé donner une chance à celui qui n’avait presque plus aucune chance », écrit-il.
Le chanteur estime ainsi que son ancien mentor a contribué à ouvrir une porte décisive dans sa carrière, à une période où il ne disposait encore d’aucune garantie de réussite.« Si aujourd’hui je peux m’asseoir à l’ombre de cet arbre, je n’oublie pas le vent », affirme-t-il.
Évoquant la disparition de Georges Taï Benson, Alpha Blondy estime que c’est avec lui que disparaît une partie d’une certaine Côte d’Ivoire, celle des artistes, des personnalités, des coulisses de la télévision et des nombreuses histoires conservées dans la mémoire de l’animateur.« Avec lui s’en va tout un monde », écrit-il, avant de décrire Georges Taï Benson comme un conteur dont certaines histoires n’existaient « nulle part ailleurs que dans sa mémoire ».
Le chanteur révèle également avoir échangé avec lui peu avant sa disparition. Georges Taï Benson lui aurait écrit : « C’est aujourd’hui le Grand Jour. Merci beaucoup. ».
Alpha Blondy dit avoir compris après coup la portée de ces mots. Très ému, il raconte avoir retrouvé cette expression qu’ils utilisaient lorsqu’ils étaient submergés par l’émotion : « nos maux d’yeux ».
Dans la dernière partie de son hommage, Alpha Blondy revient sur la trace laissée par Georges Taï Benson dans son parcours.Il compare cette influence à une racine invisible qui continue de nourrir un arbre même lorsqu’elle n’est plus visible. « Voilà où vous serez désormais, Boss. Dans mes racines », écrit-il.
Le star internationale refuse ainsi de réduire son ancien mentor au passé, préférant imaginer qu’il est simplement « parti raconter ses histoires un peu plus loin ».« Merci d’avoir été le vent. Merci d’avoir cru en moi », conclut Alpha Blondy, avant de souhaiter à Georges Taï Benson de « reposer en paix dans l’Âme de Dieu ».
Maxime KOUADIO








