Félix D. Bony a choisi de rompre le silence. Dans une mise au point rendue publique mardi 6 octobre, l’ancien directeur de campagne et porte-parole de Marie Laure N’goran revient sur son éloignement de l’équipe dirigeante de l’Union nationale des journalistes de Côte d’Ivoire (UNJCI).
Depuis plusieurs semaines, selon lui, une version circule dans les milieux de la presse ivoirienne : son absence aux côtés de la nouvelle équipe du Conseil exécutif de l’UNJCI serait liée à une déception personnelle, notamment à l’absence d’une « récompense » ou d’un avantage attendu après la victoire de la liste conduite par Marie Laure N’goran au congrès des 6 et 7 juin 2026.Une interprétation que Félix Bony réfute catégoriquement. Il affirme avoir lui-même sollicité une rencontre avec la présidente de l’UNJCI, le 6 octobre, afin de lui faire part des informations qui lui étaient parvenues.
Selon son récit, ces rumeurs auraient dépassé le cercle des confrères et seraient même parvenues jusqu’à une chancellerie étrangère, qui l’aurait contacté pour s’assurer que ces informations ne correspondaient pas à la réalité.
« Je n’ai marchandé aucun engagement »
Dans sa mise au point, Félix Bony récuse l’idée selon laquelle son implication dans la campagne aurait été motivée par la perspective d’une contrepartie.« Je n’ai marchandé aucun engagement avec Mme Marie Laure N’goran pour mener sa campagne jusqu’à son élection à la tête de l’UNJCI », affirme-t-il. Il estime qu’une telle démarche serait contraire aux principes qu’il dit avoir défendus durant la campagne : éthique, probité et intégrité.
L’ancien directeur de campagne rappelle avoir été sollicité directement par Marie Laure N’goran pour conduire sa campagne. Avant d’accepter, il dit avoir posé trois conditions, dont il ne souhaite pas révéler publiquement la teneur. Il explique toutefois qu’elles étaient liées à sa volonté de préserver la candidate de toute compromission et de faire de la gouvernance éthique l’un des marqueurs de la campagne.
Cette ligne de conduite, assure-t-il, aurait constitué le socle de son engagement, plutôt qu’une quelconque perspective de nomination ou d’avantage personnel.
Une campagne de plusieurs mois
Félix Bony revient également sur la durée de la campagne. Initialement appelée à s’étendre sur quelques semaines, celle-ci s’est finalement prolongée pendant plusieurs mois en raison de la crise qui a entouré le processus électoral.
Malgré les contraintes professionnelles qu’il évoque, il affirme avoir poursuivi son engagement jusqu’au bout. Son employeur lui aurait demandé de choisir entre ses activités professionnelles et la campagne, mais il assure ne jamais avoir cessé son travail tout en continuant à soutenir la candidature de Marie Laure N’goran.
Son engagement, insiste-t-il, reposait d’abord sur une conviction personnelle. Il dit avoir cru au parcours de la candidate, à son image publique et à la conception qu’il se faisait des valeurs qu’elle incarnait.
Une expérience déjà ancienne à l’UNJCI
Pour étayer son argumentaire, Félix Bony rappelle également son propre parcours au sein de l’organisation professionnelle des journalistes. Il affirme avoir déjà dirigé une campagne de l’UNJCI en 2012, à l’issue de laquelle il avait été élu secrétaire général pour la période 2012-2014. Il assure avoir exercé cette responsabilité sans rechercher de gain personnel.« La faîtière de la presse n’a jamais été un objectif dans ma trajectoire », soutient-il, expliquant avoir surtout cherché à servir et à acquérir une expérience susceptible, à terme, de lui permettre d’être considéré pour des responsabilités.
Il récuse ainsi l’idée selon laquelle une campagne électorale à l’UNJCI aurait pu constituer pour lui un « fonds de commerce ».
Des propositions de représentation qu’il dit avoir refusées
Félix Bony avance également un autre argument. Selon lui, s’il avait effectivement recherché une contrepartie à son engagement, il aurait accepté des propositions qui lui auraient permis d’occuper des fonctions de représentation.
Il affirme notamment que Marie Laure N’goran lui aurait proposé, durant la campagne, de le déléguer comme représentant à l’Agence nationale de la presse (ANP), puis à l’Agence de soutien et de développement des médias (ASDM).Il dit pourtant ne pas avoir donné suite à ces propositions.« Je ne l’ai jamais été, je ne suis pas, et je ne serai jamais un prébendier de l’UNJCI », affirme-t-il, en réponse à ceux qui associent son retrait à l’absence d’une récompense après la victoire électorale.
Des raisons qu’il ne souhaite pas encore dévoiler
Si Félix Bony conteste les explications qui lui sont attribuées, il ne détaille pas pour autant les véritables raisons de son éloignement.Il reconnaît l’existence de « raisons » ayant conduit à sa mise en retrait et laisse entendre que certains faits survenus après la campagne ont conforté les réserves qu’il avait déjà exprimées au moment de son engagement.
Pour l’heure, il dit vouloir préserver la confraternité et l’unité au sein de l’organisation. Il ne souhaite donc pas rendre publiques les trois conditions posées avant son entrée en campagne, ni détailler les événements auxquels il fait référence.Sa mise au point se veut ainsi davantage un démenti qu’une rupture publique avec la nouvelle direction de l’UNJCI.
Félix Bony revendique une conception de son engagement fondée sur « l’Intégrité, l’Éthique et la Probité ». Des principes dont il affirme vouloir continuer à faire une « balise » dans ses actes, même si, reconnaît-il, cette posture ne constitue pas nécessairement une source de gains matériels.








