Ci-dessous la déclaration intégrale de la Cellule des Agents Privé (CAP) du PPA-CI relativement à la crise qui secoue la filière du cacao en Côte d’Ivoire.
Face à la crise du Cacao : La CAP réclame la justice sociale et la dignité pour nos producteurs
1. LES FAITS
Chers compatriotes, chers travailleurs de la terre,
La crise de la mévente du Cacao débutée en fin 2025 en Côte d’Ivoire, demeure d’actualité aujourd’hui.
Rappelons qu’à l’approche de l’élection présidentielle d’octobre 2025, le gouvernement ivoirien avait fixé le kilogramme de cacao bord champs à 2800fcfa, alors même qu’il était de 1500fcfa. Ce prix record fortement salué par les producteurs ne sera jamais appliqué. Le cours mondial du cacao connait une chute brutale, occasionnant un blocage massif des centaines de milliers de tonnes de fèves stockes tantôt aux ports d’Abidjan et de San-Pedro, tantôt entre les mains des producteurs. Le gouvernement ivoirien prend deux mesures importantes :
- le rachat massif de 120.000 tonnes de fèves en début 2026
- le réajustement du prix du cacao à 1200fcfa des mars 2026.
Malheureusement ces deux mesures n’impactent pas positivement la situation des producteurs, qui connaissent un appauvrissement inégalé. Les producteurs ont de ce fait initié un mot d’ordre de protestation et de grève. Des mouvements syndicaux majeurs, à l’instar du Syndicat National Agricole pour le Progrès en Côte d’Ivoire (SYNAP-CI) dirigé par Koné Moussa, ont engagé des actions de terrain pour exiger de meilleures conditions de vie, une revalorisation de leurs revenus et une refonte de la gestion de la filière.
Cette dynamique de contestation s’est heurtée à des tensions administratives et sécuritaires, illustrées par les convocations et pressions subies par certains responsables syndicaux — notamment Koné Moussa, convoqué à la brigade de recherches.
2. LE CONSTAT
Le constat sur le terrain est amer et dramatique :
- Des stocks résiduels de cacao s’entassent et la commercialisation est fortement ralentie dans les bassins de production et les ports.
- Les producteurs font face à une baisse de rentabilité structurelle face à la cherté des intrants, à l’inflation et à la persistance d’impayés dénoncés par les paysans.
- La forte distorsion de prix avec les pays voisins, notamment le Ghana qui rémunère beaucoup mieux ses producteurs, accentue un sentiment légitime d’injustice.
- Fuite des produits vers les pays voisins
Pendant que les structures de régulation et les multinationales gèrent les flux, le paysan ivoirien s’appauvrit, incapable de subvenir aux besoins élémentaires de sa famille ou de renouveler ses plantations.
3. NOTRE ANALYSE
Pour la Cellule des Agents Privé (CAP) du PPA-CI, cette crise n’est pas un simple accident conjoncturel : elle est le résultat direct d’un modèle économique libéral à bout de souffle. Ce système traite l’agriculture comme une variable d’ajustement budgétaire au profit d’intérêts extérieurs, au lieu d’en faire un pilier de souveraineté et de développement humain.
On ne peut pas prétendre bâtir une économie forte tout en asphyxiant ceux qui portent à bout de bras la première richesse de la nation.
4. NOS PROPOSITIONS
Face à cette situation inacceptable, le PPA-CI et la CAP exigent des réponses concrètes et structurelles :
- Une révision juste des prix et des mécanismes : L’instauration d’un dialogue sincère sur la grille de rémunération et la transparence dans la gestion des ressources de la filière pour protéger le pouvoir d’achat des planteurs.
- L’arrêt des intimidations : La cessation immédiate des convocations, du harcèlement et des pressions judiciaires à l’encontre des leaders syndicaux et des producteurs en lutte pour leurs droits.
- La transformation locale et industrielle : L’accélération de la transformation sur place de notre cacao à travers le soutien aux PME et aux coopératives privées nationales.
- La concertation inclusive : L’ouverture de véritables états généraux de la filière intégrant l’ensemble des syndicats authentiques et des représentants du secteur privé local.
5. NOTRE SOUTIEN ET APPEL À LA NATION
Chers agriculteurs, chers producteurs,
Le Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) au travers de la Cellule des Agents du Secteur Privé (CAP) vous expriment son total, ferme et inconditionnel soutien. Votre combat pour la dignité, la transparence et de meilleurs revenus est juste et légitime.
Le PPA-CI appelle l’ensemble des militants, des opérateurs économiques et des forces vives de la nation à se tenir aux côtés de nos planteurs pour une restauration du pouvoir d’achat, la mise en route d’une économie souveraine et la culture de la justice sociale.
Le PPA-CI interpelle le gouvernement ivoirien afin de rechercher des solutions profitables aux producteurs et renforcer ainsi la dignité du planteur.
Vive les producteurs de Côte d’Ivoire ! Vive la justice sociale !
Pour le PPA-CI, la CAP et son Secrétaire National
BAHIE THIERRY.
Fait à ABIDJAN le 22 octobre 2026.
NB : Le titre et le Chapeau sont de la Rédaction








