La première édition du Salon national du karité s’est ouverte le mardi 13 octobre 2026 à Abidjan. Avec une production estimée à 60 000 tonnes d’amandes en 2025, la Côte d’Ivoire entend renforcer la transformation locale et mieux valoriser une filière dans laquelle les femmes occupent une place centrale.
La Côte d’Ivoire veut franchir une nouvelle étape dans la valorisation de sa filière karité. Au-delà du potentiel agricole, l’enjeu est désormais de développer la transformation locale pour accroître la valeur ajoutée et renforcer les retombées économiques de cette activité.
C’est dans cette perspective que la première édition du Salon national du karité (SNKA 2026) a été officiellement ouverte, mardi 13 octobre, au Palais des congrès du Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire.La cérémonie s’est déroulée en présence de la Première dame, Dominique Ouattara, marraine de l’événement, et du vice-Premier ministre, ministre de la Défense, Téné Birahima Ouattara, patron du salon.
À cette occasion, Dominique Ouattara a salué le savoir-faire des productrices et des transformatrices, dont le travail contribue au développement de la filière. Elle a également exhorté les institutions financières, les entreprises et les partenaires au développement à faciliter leur accès aux financements, aux équipements modernes et aux marchés.
L’amélioration des conditions de production et de commercialisation figure ainsi parmi les enjeux de cette rencontre. Pour les femmes qui interviennent dans la chaîne de valeur, l’accès aux ressources financières et aux outils adaptés constitue un levier essentiel pour développer leurs activités et accroître leurs revenus.
Miser sur la transformation locale
Au nom du gouvernement, le ministre Bruno Nabagné Koné a insisté sur la nécessité d’accélérer la transformation locale du karité. Il a notamment appelé à une meilleure structuration de la filière, à la modernisation des outils de production, à l’amélioration de la qualité des produits et à la préservation de la ressource.
L’objectif est de permettre aux acteurs nationaux de tirer davantage profit de la production ivoirienne, en développant les capacités de transformation et en améliorant la compétitivité des produits issus du karité.Cette orientation soulève plusieurs défis, notamment le financement des unités de transformation, l’accès aux équipements et le renforcement des circuits de commercialisation.
La coordination entre producteurs, coopératives et industriels apparaît également déterminante pour consolider les différents maillons de la filière. Le directeur général du Conseil coton, anacarde et karité (CCAK), Mamadou Berté, a présenté le salon comme un cadre de dialogue destiné à construire l’avenir du secteur et à favoriser les échanges entre ses différents acteurs.
Un potentiel à convertir en valeur ajoutée
Avec une production estimée à 60 000 tonnes d’amandes en 2025, le karité représente une ressource économique que la Côte d’Ivoire entend mieux exploiter. Sa valorisation offre des perspectives de développement pour les activités industrielles, mais aussi pour les populations des zones de production, notamment les femmes.
Pendant deux jours, producteurs, coopératives, industriels, chercheurs et partenaires sont appelés à réfléchir aux moyens de bâtir un écosystème plus performant. Les échanges doivent contribuer à identifier des pistes pour améliorer la qualité, renforcer les capacités de transformation et faciliter l’accès aux marchés.
Derrière cette première édition du SNKA 2026 se dessine ainsi une ambition : faire de la transformation locale un moteur de création de richesse et de développement économique. La concrétisation de cet objectif dépendra toutefois de la capacité des acteurs à surmonter les contraintes de financement, d’équipement et de commercialisation, tout en assurant la préservation de la ressource.
Pour la filière ivoirienne, le défi ne se limite donc plus à produire davantage, mais à mieux transformer et valoriser le karité afin que ses retombées profitent plus largement à l’économie nationale et aux femmes qui contribuent à son développement.
Maxime KOUADIO








