C’est un chantier de sept hectares, en plein cœur du quartier Gesco-Manutention, que sont venus arpenter ce mardi 29 septembre 2026 les représentants de la France en Côte d’Ivoire. Une délégation conduite par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères et l’Agence française de développement, reçue par le député-maire de Yopougon, Adama Bictogo, pour une visite de terrain suivie d’un point de presse.
Sur place, cinq plateformes déjà sorties de terre, des centaines d’étals, dix-huit entrepôts : le futur marché de gros et de demi-gros de Yopougon doit accueillir plusieurs centaines de commerçants, aujourd’hui installés dans des conditions précaires. Le projet a été lancé depuis 2014, mais il n’a véritablement démarré qu’en 2023, freiné pendant des années par des questions foncières et administratives.
Pour le maire Adama Bictogo, ce marché répond avant tout à un besoin vital de sa commune. « Yopougon, c’est un peu plus de deux millions d’habitants. C’est 42 marchés, c’est près de 200 000 commerçants », a-t-il rappelé devant la délégation, avant d’insister sur le rôle de carrefour joué par sa commune. « Yopougon, c’est le hub informel de la distribution de tous les produits vivriers en provenance de l’intérieur. »

Le chantier, faut-il le signaler, est financé à hauteur de 132 millions d’euros (près de 87,5 milliards de F Cfa) par l’Agence française de développement (Afd), en deux temps. Pour le maire, cet engagement illustre la solidité du partenariat entre les deux pays. « C’est l’excellence des relations entre le président Alassane Ouattara et le président Emmanuel Macron qui a permis d’aboutir à ce chef-d’œuvre », a-t-il déclaré, saluant en la France « le partenaire privilégié » de sa commune.
Du côté français, Carl Engelsen, sous-directeur Afrique occidentale au ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, à Paris, a souligné la cohérence de l’action menée à Yopougon. « Le projet de marché de Yopougon s’inscrit dans une démarche intégrée, un programme plus vaste qui concerne aussi des travaux d’urbanisme, de voirie, d’assainissement, mais également d’appui aux moyens de locomotion avec le BRT et les pôles d’échange multimodaux », a-t-il expliqué. Avant de préciser l’objectif : « apporter aux usagers et aux habitants de Yopougon de meilleures conditions de vie et un meilleur accès à l’ensemble de ces services. »

Florian Raffatin, directeur de l’AFD en Côte d’Ivoire, tout juste arrivé à son poste, a lui salué un chantier « impressionnant ». « Ce projet, c’est un partenariat avec Yopougon qui illustre bien la force du partenariat entre la France et la Côte d’Ivoire », a-t-il affirmé, poursuivant : « C’est un partenariat qui continuera dans la vie. »
Le maire Adama Bictogo a tenu, de son côté, à saluer personnellement l’engagement de la délégation. « Nous ne pouvons que vous remercier. Votre visite de ce matin montre une fois de plus l’attention particulière que vous avez pour ce projet », a-t-il lancé, avant d’ajouter que « la France demeure le partenaire privilégié, mais le partenaire qui a les meilleurs outils et qui sait prendre en compte les réalités de notre pays. » Le maire a toutefois profité de l’échange pour évoquer un dossier resté en suspens, celui de l’assainissement du quartier. « Il serait bon qu’on ait une rencontre avec le ministre en charge dans le secteur », a-t-il indiqué, souhaitant que l’AFD et le ministère s’accordent sur leur champ d’intervention respectif. Cette préoccupation est aussitôt reprise par Carl Engelsen, qui a confirmé que ce volet figure déjà dans les projets en gestation. « Ces besoins sont bien intégrés dans les prochains projets qui sont en cours. Le projet PACRA qui vise effectivement à l’ensemble des voiries aux alentours […] et puis un projet PACI, qui vise à l’assainissement, avec un ensemble de travaux très importants », a-t-il précisé.

Florian Raffatin a, lui, salué le travail des équipes techniques mobilisées sur le chantier : « C’est vraiment très impressionnant », a-t-il insisté, rappelant que « la relation avec la Côte d’Ivoire ressort particulièrement » de ce type de projet mené main dans la main avec la municipalité. Sur le terrain, les équipes du chantier ont aussi dû composer avec des obstacles très concrets : un sol marécageux ayant nécessité des fondations de plus de trois mètres, des retards de paiement liés à des lenteurs administratives, ou encore la construction de canaux d’assainissement autour du site pour éviter que les habitations voisines ne soient inondées.
La visite s’est achevée par un tour du site. De quoi confirmer, selon les deux parties, que ce marché — l’un des plus grands d’Afrique de l’Ouest — n’est qu’une étape dans un partenariat franco-ivoirien appelé à se poursuivre.
A.N et SerCom








