On croirait qu’eux se frottent les mains. Pourtant, ils sont bien les premiers à encaisser le choc et à subir les impacts des conjonctures survenant à l’international. Eux, ce sont les gros commerçants, les importateurs et industriels qui traitent sur plusieurs intrants et produits de base avec les pays du Golf et d’Europe et d’Asie. La crise dans le Golf, avec les rivalités sur le Détroit d’Ormuz n’épargne pas ces hommes d’affaires sous nos cieux. Les témoignages de certains de ces grossistes et industriels auxquels nous avons eu accès donnent froid dans le dos en jaugeant la persistance de la crise dans le Moyen Orient.
Selon ces gros hommes d’affaires, la crise dans le Golf affecte sérieusement la bonne marche de leurs business, et les désagréments sont énormes. A commencer par les délais de livraison des commandes. Aujourd’hui, témoigne l’un de nos interlocuteurs, pour une commande qui doit durer à peine un mois, il faut attendre au-delà. « Voyez, c’est hier (lundi 17 août 2026, Ndlr) que nous avons réceptionné une commande passé depuis quatre mois (soit environ 120 jours), alors que cela ne nous prenait que 45 jours auparavant. En plus, nous l’avons reçu par un petit navire, ce qui veut dire que celui qui a embarqué au départ a procédé par un transbordement avec de petits navires ».

En effet, avec la crise et les fortes demandes dans le monde, les gros armateurs, notamment MAERSK Line, MSC ou CMA – CGM (pour ne citer que ceux-ci) font des choix qui compliquent de plus en plus la situation, surtout dans certains pays africain. Ces armateurs, selon notre source, se font de plus en plus désirés, et procèdent même par des destinations de préférence. Une option qui crée des pénuries énormes et impactent négativement les marchés des pays victimes de ces « discriminations ». Ainsi, de grosses cargaisons sont détournées parfois au profit d’autres destinations privilégiées pendant que des commandes attendent sur les bords du continent africains. En plus de la situation qui les oblige à rallonger leur voyage en passant par la pointe de l’Afrique (le Cap), ces détournements créent systématiquement une pénurie dans les ports, une rupture de stock dans les entrepôts des grossistes, mais aussi au niveau des intrants chez des industriels.

Conséquences, cette pénurie se ressent dans la chaîne de l’approvisionnement, et l’on constate une rupture de provisions de nombreux produits dans les supermarchés et sur les marchés. Ce qui entraine parfois des surenchères et impactent le coût de la vie et le pouvoir d’achat dans les ménages. « Certaines commandes que nous faisons bifurquent par d’autres pays avant d’arriver chez nous. Au final, nous avons d’énormes difficultés d’approvisionnement, et cela ne peut qu’agir sur le consommateur final, car la rareté crée la surenchère et l’inflation », explique notre interlocuteur. Qui, avec des pairs, ont décidé de saisir le ministère des Transports pour jeter un regard sur cet aspect de la vie commerciale en Côte d’Ivoire afin d’aider industriels et commerçants grossistes à tenir leur place d’acteurs principaux capables d’impacter positivement le quotidien des citoyens. Quelle suite sera-t-elle donnée à leur démarche?
Nous y reviendrons!
JPN








