Malgré la rentrée scolaire officielle, fixée au 14 septembre 2026 en Côte d’Ivoire, plusieurs élèves de Lakota n’ont pas encore regagné les salles de classe. Une situation qui s’explique par plusieurs raisons, notamment les difficultés financières auxquelles sont confrontées certaines familles de producteurs agricoles.
Les salles de classe ont rouvert leurs portes en Côte d’Ivoire pour l’année scolaire 2026-2027 depuis le 14 septembre dernier. Deux semaines après cette rentrée, plusieurs élèves de Lakota, principalement des enfants de paysans, sont encore dans les villages et attendent de pouvoir rejoindre leurs établissements scolaires.
La mévente des produits agricoles mise en cause
À Niambré, village situé à une dizaine de kilomètres de Lakota, certains élèves sont contraints de rester à la maison. Leurs parents font face à la mévente de leurs produits agricoles, notamment du cacao, qui constitue l’une des principales activités commerciales de la zone.
Selon les explications recueillies auprès de certains parents, malgré le prix fixé à 1 200 francs CFA, les acheteurs ne seraient pas toujours disposés à acheter le cacao à ce prix.
« Ils achètent le cacao à 1 000 francs CFA. Si tu n’es pas d’accord, ils te laissent partir. Donc, on est obligé de vendre à ce prix pour permettre à nos enfants d’aller à l’école », déplore Z. F., un parent d’élève. Pour lui, cette situation explique en partie pourquoi plusieurs élèves sont encore au village. « Ça devient difficile pour nous. Donc, si tu as plusieurs enfants, certains vont d’abord, tandis que d’autres sont obligés d’attendre », justifie-t-il.
Des élèves dans l’attente
Z. César, élève dans un établissement de Divo, rencontré dans le village, confie également son désarroi. « Je suis encore au village parce que la production de cacao n’était pas ça. Pour la première cueillette, nous n’avons récolté que deux sacs. Ça ne peut pas permettre à mon papa de me scolariser, donc j’attends », explique-t-il, sans préciser la date à laquelle il pourra rejoindre son établissement.
Comme lui, plusieurs autres élèves se retrouvent dans la même situation, contraints de prolonger leur séjour au village alors que l’année scolaire a déjà débuté.
La rentrée scolaire : un défi récurrent
Le retard observé chez certains élèves à chaque rentrée scolaire constitue une situation qui mérite une attention particulière. Pour les familles vivant principalement des activités agricoles, les difficultés liées à la commercialisation des produits peuvent avoir des conséquences directes sur la scolarisation des enfants.
Dès lors, une question se pose : ne serait-il pas judicieux d’associer davantage les parents d’élèves et les différents acteurs du système éducatif dans les réflexions autour de la période de rentrée scolaire ?
Une interrogation qui, selon plusieurs acteurs du système éducatif, mérite d’être examinée afin de mieux prendre en compte les réalités auxquelles certaines familles sont confrontées.
Jésus DOGBA








