La question de la prime des enseignants refait surface à quelques jours de la rentrée scolaire 2026 – 2027. A l’occasion du congrès du Mouvement des instituteurs adjoints de Côte d’Ivoire (MIACI) organisé ces 2 et 3 septembre 2026 à Yopougon, la question a ressurgi au cœur des débats. Pour les syndicats, son règlement constitue désormais un préalable à toute nouvelle négociation autour de la trêve sociale.
Le soulèvement de cette question à l’orée de la rentrée scolaire 2026-2027 est le signe que cette reprise des cours ne se joue pas seulement dans les salles de classe. Elle ravive également les revendications sociales du corps enseignant. Notamment avec cette remise sur la table par les acteurs syndicaux de ce dossier sensible sur la prime qu’ils réclament.
En effet invité au congrès du MIACI, David Bli Blé, porte-parole principal de l’ISMENA-METFPA, a défendu une position sans ambiguïté. Selon lui, les enseignants ont volontairement évité de mettre la pression sur l’État au cours de la période consacrée aux échéances politiques, préférant laisser aux autorités le temps de prendre en compte leur revendication. « Nous n’avons pas voulu bousculer l’État, parce qu’il y avait des compétitions politiques à faire », a-t-il expliqué, estimant que cette période de retenue a suffisamment duré. « Nous avons laissé à l’État une année entière sur cette question, sans pression, pour qu’elle soit prise en charge », a-t-il ajouté.
Pour le responsable syndical, le moment est désormais venu de passer aux actes. « Il n’y a pas de raison que l’État de Côte d’Ivoire ne mette pas cette résolution en œuvre et ne nous offre la prime », a-t-il martelé.
La trêve sociale en ligne de mire
Cette revendication intervient alors que la perspective d’une nouvelle trêve sociale en 2027 commence à se dessiner. Sur ce point, les enseignants ne ferment pas la porte au dialogue avec les pouvoirs publics. Mais ils posent une condition préalable : le règlement de la question de la prime. « Nous ne sommes pas contre la trêve sociale, mais nous disons que la prime est un préalable à la trêve », a affirmé David Bli Blé.
Autrement dit, les organisations syndicales veulent que ce dossier soit définitivement soldé avant d’ouvrir de nouvelles discussions. « Pour que nous, enseignants, puissions nous asseoir et discuter de la trêve, il faut que la question de la prime soit vidée de toute sa substance. Il faut que l’acquisition de la prime soit totale », a-t-il insisté.
Une ligne rouge que les syndicats entendent maintenir dans les prochaines discussions avec le gouvernement. Pour eux, les revendications anciennes ne sauraient être intégrées aux nouvelles négociations sans avoir d’abord été réglées. « En ce moment-là, d’autres questions qui sont de nouvelles questions peuvent être abordées, mais on ne peut pas mélanger les anciennes questions aux nouvelles. Ce n’est pas possible. Nous ne pouvons pas accepter ça », a prévenu le porte-parole.
À l’ouverture de cette nouvelle année scolaire, le dossier de la prime s’impose ainsi de nouveau dans le paysage syndical ivoirien. Reste désormais à savoir quelle réponse le gouvernement apportera à cette revendication et si elle permettra de préserver le climat social dans le secteur de l’éducation à l’approche de 2027. Le nouveau ministre de l’Education nationale, le Professeur Koffi N’guessan hérite de ce dossier chaud de son homologue Mariatou Koné. Il en est d’ores et déjà averti.
Maxime KOUADIO








