La Guinée a formulé une demande officielle à la France pour la restitution de plusieurs manuscrits historiques, dont un exemplaire du Coran ayant appartenu à Samory Touré, figure emblématique de la résistance guinéenne contre la colonisation française. Cette revendication, rendue publique par le confrère Radio France internationale (Rfi), s’inscrit dans un contexte plus large de retour des biens culturels longtemps pillés durant la période coloniale.
Samory Touré, né en 1830, a été le fondateur de l’Empire Wassoulou, qui s’étendait principalement sur le territoire actuel de la Guinée, mais également sur des parties du Mali et de la Côte d’Ivoire. Samory a mené une résistance farouche contre les forces coloniales françaises, notamment entre 1882 et 1898, période durant laquelle il a su fédérer différentes ethnies et instaurer une organisation militaire efficace.
Après plusieurs années de confrontations armées, Samory Touré fut finalement arrêté par les troupes françaises, sous le commandement du capitaine Henri Gouraud, à Guélémou, dans l’ouest de l’actuelle Côte d’Ivoire. Il fut ensuite déporté et emprisonné à N’djolé, au Gabon, où il mourut en 1900. Son arrestation a marqué un tournant dans la conquête coloniale en Afrique de l’Ouest et est considérée comme un événement clé de la lutte anticoloniale.
Le Coran en question, objet de la demande guinéenne, est considéré comme un symbole fort de l’identité culturelle et religieuse de ce leader résistant. Il est actuellement conservé au musée de l’Armée à Paris, des décennies après avoir été acquis par les colonisateurs. La demande de restitution de cette pièce emblématique est portée par Elara Bertho, chargée de recherche au CNRS et directrice du conseil scientifique du projet de musée de Conakry, qui souligne l’importance de ces objets pour la mémoire collective et l’identité nationale guinéenne.
La France, de son côté, a récemment entamé un dialogue sur la restitution des biens culturels, avec plusieurs cas de demandes évoqués depuis quelques années. La résolution de la revendication guinéenne pourrait ouvrir la voie à d’autres demandes similaires en provenance de diverses nations africaines.
Cette requête de Conakry se présente donc comme un symbole de la réconciliation entre la France et ses anciennes colonies, tout en soulignant l’importance de reconnaître les injustices historiques engrangées par le colonialisme.
F.D.B








