Alors que le projet du 6e pont d’Abidjan alimente depuis plusieurs semaines les débats sur son coût, son financement ou encore son futur mode d’exploitation, Alain Lobognon appelle à sortir de la controverse pour se concentrer sur l’essentiel : la réalisation de l’ouvrage.
Cette nouvelle infrastructure routière majeure, d’environ 1,5 kilomètre, est estimée à près de 200 milliards de francs CFA. Elle doit relier Abatta, dans la commune de Cocody, à Koumassi, avant de se prolonger vers Port-Bouët, avec l’ambition de fluidifier les déplacements entre plusieurs zones stratégiques du Grand Abidjan.
Pour l’ancien ministre, les discussions autour de la nationalité des entreprises impliquées, du coût du projet ou encore de l’éventualité d’un péage ne doivent toutefois pas occulter l’objectif premier : améliorer la mobilité dans la capitale économique ivoirienne.
Pour Alain Lobognon, le débat doit avant tout partir des réalités quotidiennes des populations. Il cite notamment les habitants d’Abatta, Bingerville, Koumassi ou Port-Bouët, confrontés chaque jour aux difficultés de circulation autour de la lagune Ébrié.
Embouteillages interminables, dépenses supplémentaires en carburant, retards au travail ou à l’école et fatigue accumulée : autant de contraintes que le futur ouvrage est censé contribuer à réduire.
Dans ce contexte, l’ancien responsable politique invite à ne pas perdre de vue la vocation première du projet. « Abidjan n’a pas besoin d’une polémique de plus. Elle a besoin d’un pont », résume-t-il.
Pour autant, Alain Lobognon ne plaide pas pour un silence autour du projet. Il reconnaît au contraire la légitimité des interrogations portant sur son coût, ses délais, les conditions du partenariat public-privé ou encore le niveau d’un éventuel péage.
Selon lui, ces questions relèvent du contrôle citoyen et démocratique. La presse, les élus et les citoyens ont, à ses yeux, toute légitimité à demander des comptes sur un investissement de près de 200 milliards de francs CFA.
Mais l’ancien ministre établit une distinction entre le contrôle du projet et sa contestation systématique. « La vigilance construit ; la polémique paralyse », soutient-il.
Pour appuyer son argumentaire, Alain Lobognon rappelle que les grands ouvrages réalisés à Abidjan n’ont pas échappé aux controverses.
Le pont Henri Konan Bédié, comme le pont de Cocody, ont eux aussi suscité des interrogations avant de s’imposer progressivement dans le paysage urbain et les habitudes des automobilistes.
À ses yeux, le temps devrait également permettre de juger le 6e pont sur ses résultats plutôt que sur les controverses qui l’accompagnent avant même sa mise en service.
Au-delà de la question des déplacements, Alain Lobognon présente le futur ouvrage comme un investissement susceptible d’avoir des retombées économiques plus larges.
Il évoque les emplois générés pendant la construction, la valorisation de certains quartiers, le gain de temps pour les entreprises et, plus largement, l’attractivité économique de la capitale ivoirienne.
Avec son tracé reliant Abatta à Koumassi puis Port-Bouët, le projet est appelé à renforcer les connexions entre plusieurs pôles urbains majeurs d’Abidjan et à offrir une nouvelle alternative aux axes aujourd’hui fortement congestionnés.
Dans cette lecture, le 6e pont selon lui ne devrait donc pas être perçu comme la victoire d’un camp politique sur un autre, mais comme une infrastructure destinée à répondre aux besoins d’une métropole en pleine expansion.
Pour terminer , Alain Lobognon appelle les ingénieurs à poursuivre leur travail et l’État à conduire le projet avec rigueur, notamment sur le respect des engagements, des délais et des coûts.
Son souhait est clair : voir le 6e pont livré dans les temps, au « juste prix », et qu’il serve l’ensemble des Abidjanais, sans distinction. « Abidjan mérite mieux que nos querelles. Elle mérite ses ponts », conclut Alain Lobognon.
Maxime KOUADIO








