Dans une publication diffusée mardi, Konan Kouadio Siméon, président d’Initiatives pour la paix (IPP) et candidat à l’élection présidentielle d’octobre 2015, met en cause la gestion des finances publiques sous Alassane Ouattara.
S’appuyant sur les rapports annuels 2022, 2023 et 2024 de la Cour des comptes, il dénonce la récurrence des irrégularités relevées dans l’administration et s’interroge sur l’absence de sanctions contre les responsables concernés.
Dans sa publication, intitulée « Autopsie de l’impunité budgétaire en Côte d’Ivoire : sommes-nous bien sous la gouvernance Ouattara ? », l’ancien candidat à la présidentielle affirme que les observations formulées par la Cour des comptes au fil des exercices budgétaires témoignent de dysfonctionnements persistants au sein de l’administration publique.
Pour étayer son argumentaire, le président d’Initiatives pour la paix s’appuie sur les trois derniers rapports annuels de la juridiction financière, couvrant les exercices 2022, 2023 et 2024. Selon lui, leur lecture comparée révèle la répétition d’irrégularités qui, à ses yeux, traduisent les limites des mécanismes de contrôle et de responsabilisation des gestionnaires publics.
Des irrégularités récurrentes dans la gestion publique
Dans son analyse du rapport 2022, KKS évoque des manquements aux règles de passation des marchés publics, notamment le recours aux contrats de gré à gré. Il estime que ces pratiques, déjà relevées par la Cour des comptes, n’ont pas fait l’objet de corrections suffisantes.
L’ancien candidat à la présidentielle s’intéresse également au rapport 2023, dans lequel il affirme que des écarts comptables de plusieurs milliards de francs CFA ont été relevés au sein de l’Office national de l’état civil et de l’identification (ONECI), chargé notamment de l’établissement des cartes nationales d’identité.
Mais c’est surtout le rapport 2024 qui nourrit ses critiques. KKS avance que 25 ministères sur 34 présentent des insuffisances majeures en matière de performance. Il met également en avant le montant de 34,244 milliards de francs CFA de dons internationaux destinés à 14 projets liés à l’accès à l’eau potable, qu’il décrit comme des fonds décaissés sans que les résultats attendus aient été obtenus.Il évoque, en outre, des irrégularités administratives au ministère de la Santé, qu’il présente comme des falsifications destinées à masquer les contre-performances enregistrées en fin d’exercice.
L’absence de sanctions au cœur de ses critiques
Au-delà des irrégularités qu’il affirme avoir identifiées dans les rapports successifs, Konan Kouadio Siméon dénonce surtout ce qu’il considère comme une absence de conséquences pour les responsables mis en cause.« Quelles conséquences ont été tirées ? Quelles sanctions ont été prises ? », interroge-t-il, avant d’affirmer qu’aucun haut responsable de l’ONECI ou des ministères concernés n’aurait été contraint de rendre des comptes.
KKS oppose le traitement judiciaire réservé, selon lui, aux opposants politiques et aux citoyens critiques à la réaction des autorités face aux irrégularités présumées dans la gestion des ressources publiques. Il déplore ce qu’il qualifie de paralysie de la justice lorsque les finances de l’État sont en jeu.
Il critique également le maintien en fonction de ministres dont la gestion aurait été épinglée dans des rapports antérieurs. À ses yeux, cette situation révèle un système dans lequel la loyauté politique primerait sur les résultats obtenus au service des populations.
Pour le président d’Initiatives pour la paix, l’existence d’institutions de contrôle ne suffit pas à garantir une gestion rigoureuse des deniers publics. Il estime que leur efficacité dépend avant tout de la mise en œuvre de leurs recommandations et des suites données aux irrégularités constatées.
Pour terminer, Konan Kouadio Siméon réaffirme sa priorité politique à travers cette formule : « Le parti d’accord, mais la patrie d’abord ! »








