Vingt-quatre ans après le déclenchement de la rébellion armée du 19 septembre 2002, la question de la mémoire et du pardon reste au cœur du débat ivoirien. Dans un message publié vendredi 19 septembre 2026 sur sa page Facebook, Kando Soumahoro, ancien député de Biankouma et proche de Guillaume Soro, est revenu sur cette journée qui a profondément marqué son histoire familiale.
Intitulé « Devoir de mémoire et de vérité », son message mêle souvenir personnel et appel à la réconciliation. Fils du général Robert Guéï, tué dans les premières heures de la crise politico-militaire, l’ancien élu présente le 19 septembre comme une « blessure ouverte », à la fois nationale et intime.
« Il y a 24 ans, la Côte d’Ivoire basculait. Et moi, je perdais mon père, le Général Robert Guéï. C’est ma blessure la plus profonde », écrit-il.
Le pardon de Guillaume Soro salué
Dans sa publication, Kando Soumahoro revient également sur la récente prise de parole de Guillaume Soro au sujet de la rébellion de 2002. L’ancien Premier ministre et ancien président de l’Assemblée nationale a exprimé des regrets concernant cette insurrection armée et demandé pardon aux Ivoiriens.
Une démarche que Kando Soumahoro dit vouloir accueillir favorablement.« Aujourd’hui, mon leader le Président Guillaume Kigbafori Soro a eu le courage de regretter cette rébellion et de demander PARDON. Il faut du courage pour demander pardon. Il en faut encore plus pour l’accorder », affirme-t-il.
Cette déclaration intervient alors que les commémorations du 19 septembre ravivent chaque année les souvenirs d’une crise qui a profondément marqué la trajectoire politique de la Côte d’Ivoire.
« La mémoire de mon père ne sera pas vengée par la haine »
Au nom de son père et des victimes de la crise, l’ancien député affirme vouloir inscrire son message dans une perspective de paix plutôt que de revanche.
« Au nom de mon père, le Général Guéï, au nom de toutes les victimes du 19 septembre, au nom de la Côte d’Ivoire qui a trop saigné : j’entends ce pardon », écrit-il.
Kando Soumahoro appelle ainsi les différentes parties à transformer les blessures du passé en un levier de réconciliation. « J’appelle tous les fils et filles de ce pays, toutes les victimes, à transformer cette douleur en une force pour ne plus jamais recommencer », poursuit-il.
Pour clore son message, le proche de Guillaume Soro résume sa démarche par une formule qui place la paix au-dessus de la vengeance : « La mémoire de mon père ne sera pas vengée par la haine. Elle sera honorée par la paix. »
Maxime KOUADIO








