Le gouvernement ivoirien a officiellement remis, jeudi 8 octobre 2026, les clés du siège provisoire de l’Organisation Ouest-Africaine de la Santé (OOAS), installé au Village des technologies de l’information et de la biotechnologie (VITIB), à Grand-Bassam.
Présidant la cérémonie, le ministre délégué Adama Dosso a évoqué une responsabilité pour la Côte d’Ivoire, après la décision de la CEDEAO de transférer l’institution sur son territoire. Le siège définitif devrait être construit en sept mois.
Pour le représentant du gouvernement ivoirien, cette cérémonie traduit dans les faits la décision prise le 14 décembre 2025, à Abuja, au Nigeria, par la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO. Les dirigeants communautaires avaient alors décidé de transférer le siège de l’OOAS en Côte d’Ivoire.
« Cette décision constitue non seulement une marque de confiance à l’égard de la Côte d’Ivoire, mais aussi une lourde et exaltante responsabilité », a déclaré Adama Dosso. Il a assuré que le gouvernement, conformément aux instructions du président Alassane Ouattara, avait pris les dispositions nécessaires pour accélérer l’installation de l’organisation.
Un dispositif provisoire avant le siège définitif
Pour accueillir l’institution, les autorités ont retenu le Village des technologies de l’information et de la biotechnologie, à Grand-Bassam. Le choix a été effectué après plusieurs visites de sites et des échanges techniques avec les représentants de la CEDEAO.
Adama Dosso a expliqué que la proximité avec Abidjan, la disponibilité des infrastructures, la sécurité et l’environnement technologique avaient pesé dans cette décision. La ville balnéaire, ancienne capitale de la Côte d’Ivoire, offre ainsi un cadre destiné à faciliter le fonctionnement de l’organisation pendant la période transitoire.
Le siège provisoire dispose de 76 bureaux, auxquels s’ajoutent des espaces d’accueil, de réunion et de travail. Selon les précisions fournies par le ministre, les locaux peuvent recevoir environ 120 agents et permettre une installation progressive des équipes.Le gouvernement prévoit également un bâtiment définitif d’environ 3 000 m² de surface utile.

Sa capacité d’accueil est estimée entre 260 et 300 personnes, selon les options d’aménagement qui seront retenues. Le délai prévisionnel de construction annoncé est de sept mois.« Aujourd’hui, cette décision est devenue une réalité tangible », a souligné Adama Dosso, en revenant sur les démarches entreprises depuis les premières discussions avec la délégation communautaire, le 30 avril dernier.
Le ministre Adama Dosso a salué la contribution de Moussa Sanogo, ministre de l’Urbanisme, du Logement et du Cadre de vie, notamment à travers la Société nationale de gestion du patrimoine immobilier de l’État (SONAPIE). Il a également rendu hommage aux équipes du VITIB, à la municipalité de Grand-Bassam et aux techniciens mobilisés pour aménager les locaux dans des délais contraints.
S’adressant au maire de Grand-Bassam, Jean-Louis Moulot, il a estimé que l’installation de l’OOAS constituait une occasion de conforter la vocation internationale de la cité. Il a appelé la municipalité à accompagner l’organisation dans l’accomplissement de ses missions.
Adama Dosso promet l’accompagnement de l’État
Au-delà de la mise à disposition de bâtiments, le ministre a insisté sur la dimension diplomatique et communautaire de cette installation. Pour lui, l’arrivée de l’OOAS doit contribuer à rendre plus concrète la coopération entre la Côte d’Ivoire et les autres États membres de la CEDEAO.« En vous remettant officiellement ces clés, je voudrais vous dire que la Côte d’Ivoire vous ouvre ses portes, mais surtout qu’elle vous ouvre un espace de coopération », a-t-il lancé au directeur général de l’organisation, le professeur Palokinam Pitche.
Adama Dosso a également réaffirmé la volonté des autorités ivoiriennes de poursuivre leur accompagnement, conformément aux orientations du chef de l’État. L’enjeu est désormais de permettre à l’institution de fonctionner dans des conditions satisfaisantes, en attendant la livraison de son siège définitif.
Palokinam Pitche veut rapprocher santé et innovation
Prenant la parole à son tour, le directeur général de l’OOAS, Palokinam Pitchea présenté cette remise de clés comme une étape importante dans l’histoire de l’institution. Il a exprimé sa reconnaissance au gouvernement ivoirien pour les dispositions prises afin de faciliter son installation.

Le professeur Palokinam Pitche a toutefois tenu à rappeler le rôle du Burkina Faso, qui a accueilli l’organisation durant plusieurs décennies, notamment à Bobo-Dioulasso. Il a remercié les autorités et les populations burkinabè pour leur soutien au fonctionnement de l’institution.
À Grand-Bassam, le professeur Palokinam Pitche entend notamment tirer parti de la présence de l’OOAS au sein du VITIB pour développer des passerelles entre santé et nouvelles technologies.« Notre présence au VITIB doit être une invitation à développer des passerelles entre santé, innovation, technologies numériques et biotechnologies, au bénéfice des populations ouest-africaines », a-t-il affirmé.
Le directeur général a également évoqué plusieurs priorités de coopération avec les autorités sanitaires ivoiriennes : l’accès à des soins de qualité, la prévention et la gestion des épidémies, la disponibilité des médicaments et des vaccins ainsi que le renforcement des initiatives sanitaires régionales.
Institution spécialisée de la CEDEAO, l’OOAS contribue à l’harmonisation des politiques et des stratégies de santé dans l’espace communautaire. Sa mission repose sur la coordination entre les États membres, le partage d’informations et la mise en place de réponses communes aux urgences sanitaires.
Pour Palokinam Pitche, le nouveau siège doit ainsi devenir un lieu de concertation et de recherche de solutions aux difficultés sanitaires de la sous-région. Il a assuré que l’organisation resterait au service de l’ensemble des États membres, au-delà de son implantation en Côte d’Ivoire.
La remise des clés ouvre donc une nouvelle phase pour l’OOAS à Grand-Bassam. Après l’installation provisoire des équipes, la prochaine échéance annoncée sera la construction du siège définitif, dont la réalisation est prévue sur sept mois. D’ici là, les autorités ivoiriennes et les responsables de l’institution devront veiller à ce que cette relocalisation se traduise par une coopération sanitaire régionale renforcée.
Maxime KOUADIO








