Dans une publication rendue publique ce jeudi 24 septembre, Maître N’Dry Claver, ancien avocat de Charles Blé Goudé devant la Cour pénale internationale (CPI), a tiré la sonnette d’alarme sur les conséquences de l’orpaillage illégal en Côte d’Ivoire, après avoir constaté l’état du fleuve Bandama.
L’avocat dit avoir été profondément marqué par ce qu’il décrit comme un fleuve « blessé » par les activités humaines. Il estime que la dégradation des cours d’eau, des terres et des forêts doit désormais être considérée comme un enjeu national.« L’orpaillage n’est pas un jeu. C’est un défi national », écrit-il, soulignant ses répercussions sur l’environnement, l’agriculture, la sécurité, la santé et l’avenir du pays.
Dans son message, Maître N’Dry Claver adopte un ton d’autocritique. « Je ne veux accuser personne. Je m’accuse », écrit-il, regrettant de ne pas avoir pris la parole plus tôt face à un phénomène dont il affirme qu’il ne date pas d’aujourd’hui.
L’ancien conseil de Charles Blé Goudé appelle ainsi les autorités à traiter la question de l’orpaillage avec davantage de sérieux. Il interpelle directement le président Alassane Ouattara, estimant que la protection du patrimoine naturel relève à la fois de la responsabilité des gouvernants et de celle des citoyens.
Pour lui, intellectuels, élus, fonctionnaires, chefs traditionnels, responsables religieux, journalistes, magistrats, avocats et l’ensemble des citoyens ont également un rôle à jouer pour alerter lorsque le patrimoine commun est menacé.
Dans la seconde partie de sa publication, Maître N’Dry Claver s’interroge sur la situation de Jean Christian Konan, dont il demande pourquoi il se trouve toujours en détention.« Quel est exactement son tort ? Était-ce d’avoir alerté notre Gouvernement sur le remblayage sauvage et destructeur de la bordure lagunaire de l’Éburnie ? », questionne-t-il, tout en précisant ne pas connaître l’ensemble des éléments de cette affaire.
L’avocat plaide surtout pour que l’alerte citoyenne puisse s’exprimer dans le respect de l’État de droit. « L’alerte citoyenne ne devienne jamais, par elle-même, une faute », écrit-il.
Pour terminer, Maître N’Dry Claver lance un appel à la responsabilité collective plutôt que comme une attaque contre une personne ou une institution. « Je les ai écrites contre notre indifférence », affirme-t-il, en appelant à préserver les ressources naturelles pour les générations futures
Maxime KOUADIO








