Réunis à la Maison du PDCI-RDA, à Cocody, ce mercredi 21 octobre 2026, les cadres et militants du parti ont rendu un dernier hommage à Émile Constant Bombet, ancien ministre d’État et vice-président de la formation politique. Dans une oraison empreinte d’émotion, Yapo Calice, secrétaire exécutif en chef, a évoqué les difficultés du parti, l’exil de Tidjane Thiam et les convocations de plusieurs militants et responsables.
La cérémonie d’adieu à Émile Constant Bombet a également été l’occasion pour le PDCI-RDA de faire entendre ses préoccupations politiques. Devant les cadres et militants réunis à la Maison du parti, à Cocody, Yapo Calice a rendu hommage à cet ancien haut responsable de l’État, tout en dressant un tableau des épreuves auxquelles, selon lui, sa famille politique demeure confrontée.
Ancien capitaine, colonel-major, sous-préfet, préfet puis ministre d’État, Émile Constant Bombet a marqué la vie militaire, administrative et politique ivoirienne à travers les fonctions qu’il a exercées. Sa disparition a suscité un hommage au sein du parti auquel il appartenait et dont il était vice-président.« Nous te laissons partir, le cœur serré, mais la mémoire debout », a déclaré Yapo Calice dans son adresse au défunt, qu’il a affectueusement appelé « papa Bombet ».
Un message pour Houphouët, Bédié et Cowppli-Bony
Au fil de son intervention, le secrétaire exécutif en chef du PDCI-RDA a évoqué plusieurs figures historiques du parti que l’ancien ministre pourrait symboliquement retrouver dans l’au-delà. Il a notamment cité Félix Houphouët-Boigny, fondateur du parti, Henri Konan Bédié, son successeur, et Philippe Cowppli-Bony, ancien président honoraire de la formation politique.
Yapo Calice a demandé à Émile Constant Bombet de transmettre à ces anciens dirigeants les nouvelles de leurs héritiers politiques. Un message qui a progressivement pris une dimension politique, avec l’évocation des difficultés rencontrées par le parti.« Dis-leur que nos épreuves continuent. Dis-leur que les persécutions continuent », a-t-il lancé.
Le numéro 2 du PDCI-RDA a notamment évoqué la situation de Tidjane Thiam, président du parti, qu’il a présenté comme étant maintenu en exil, loin de son pays et des militants qui l’attendent.
Convocations de cadres et inquiétudes des familles
Dans son oraison, Yapo Calice a également dénoncé les convocations de responsables et de militants du PDCI-RDA. Il a souligné que ces événements intervenaient alors même que le parti était réuni pour rendre hommage à l’un de ses anciens dirigeants.« Dis-leur que nos cadres et nos militants continuent de subir les persécutions avec des convocations aujourd’hui même, pendant que nous te rendons hommage », a-t-il affirmé.
Il a aussi évoqué les familles qui, selon ses propos, vivent dans l’angoisse, ainsi que des militants et des dirigeants qui attendraient de retrouver leur liberté et la tranquillité de leur foyer.
Ces déclarations ont donné une tonalité politique à la cérémonie funèbre. Tout en exprimant la douleur du parti face à la disparition d’Émile Constant Bombet, Yapo Calice a profité de cette tribune pour dénoncer ce qu’il considère comme des pressions visant des membres de sa formation politique.
« Jamais nous ne renoncerons »
Malgré ce tableau qu’il a présenté comme difficile, le secrétaire exécutif en chef a réaffirmé la volonté du PDCI-RDA de poursuivre son engagement. Pour lui, l’identité du parti dépasse les personnalités qui l’ont dirigé au fil des décennies.« Nous avons retenu que le PDCI-RDA est un esprit et que jamais, jamais, jamais nous ne renoncerons », a-t-il déclaré devant les militants.
Yapo Calice a ensuite insisté sur la nécessité de poursuivre le combat politique au nom des convictions du parti, tout en maintenant un attachement à la paix. Il a notamment évoqué la justice, la liberté et la dignité comme des principes devant guider la suite de cet engagement.
L’hommage s’est achevé sur une note de recueillement, le responsable du PDCI-RDA confiant le défunt à la miséricorde de Dieu et priant pour que sa famille trouve la force de surmonter cette épreuve.
Au-delà des adieux à Émile Constant Bombet, la cérémonie du 21 octobre aura ainsi servi de tribune à Yapo Calice pour exprimer les inquiétudes du PDCI-RDA sur la situation de ses responsables et militants, tout en réaffirmant la détermination du parti à poursuivre son action politique.
Maxime KOUADIO








