L’orpaillage clandestin s’invite dans le débat politique. Dans une publication diffusée dimanche, Doumbia Major, ancien deuxième secrétaire général de la Commission électorale indépendante (CEI), établit un parallèle entre les pratiques des orpailleurs clandestins et celles qu’il reproche à Laurent Gbagbo. Une comparaison qu’il inscrit dans une réflexion plus large sur l’exemplarité et la responsabilité des dirigeants politiques.
« L’exemplarité est la clef de la responsabilité et de la légitimité en politique », écrit d’abord l’ancien responsable de la CEI. À partir de cette idée, il développe une critique visant notamment l’ancien président ivoirien, qu’il accuse d’avoir contribué, selon lui, à banaliser certains comportements liés à l’utilisation des ressources publiques.
« Les orpailleurs clandestins font comme Gbagbo »
C’est sur le terrain de la gestion des richesses du pays que Doumbia Major pousse le plus loin la comparaison. « Les orpailleurs clandestins font comme Gbagbo, ils se servent dans les richesses publiques du pays », affirme-t-il.
L’ancien responsable électoral assimile ainsi, dans son argumentaire, l’exploitation clandestine des ressources minières à ce qu’il présente comme une appropriation de ressources publiques par Laurent Gbagbo. Il précise toutefois que, selon lui, une différence existe dans la manière de procéder : les orpailleurs agiraient clandestinement tandis que ce qu’il reproche à l’ancien président aurait bénéficié d’un cadre légal.
Doumbia Major élargit ensuite sa critique à d’autres pratiques qu’il considère comme révélatrices d’une même logique. Il cite notamment les « gnambros », certains agents des forces de l’ordre et le racket dont seraient victimes des transporteurs.
Une charge contre la rente viagère
Dans la suite de sa publication, Doumbia Major s’en prend également à la rente viagère dont bénéficie, selon lui, Laurent Gbagbo. Il estime que son niveau doit être mis en perspective avec l’endettement de l’État et les contraintes qui pèsent sur les finances publiques.« On prend des dettes et lui se sert sa part dans ces dettes », écrit-il, reprochant à l’ancien chef de l’État de ne pas suffisamment prendre en compte, selon son analyse, les conséquences des dépenses publiques sur le déficit de l’État.
Cette sortie intervient alors que la lutte contre l’orpaillage clandestin constitue un enjeu important pour les autorités ivoiriennes. L’exploitation illégale de l’or est régulièrement associée à des préoccupations environnementales, économiques et sécuritaires et donne lieu à des opérations de démantèlement sur plusieurs sites du pays.
L’exemplarité au cœur du propos
Au-delà de la polémique autour de Laurent Gbagbo, Doumbia Major entend ramener le débat sur la question de l’exemplarité des responsables politiques. Selon lui, les comportements des dirigeants peuvent servir de référence, positive ou négative, à une partie de la société et des agents publics.
Son propos, particulièrement offensif à l’égard de l’ancien président, constitue ainsi une nouvelle prise de position dans le débat politique ivoirien. Les accusations formulées contre Laurent Gbagbo relèvent toutefois de l’appréciation et de l’interprétation de Doumbia Major et ne constituent pas, en elles-mêmes, des faits établis.
Maxime KOUADIO








