La réforme de l’organe électoral continue de servir de point de ralliement à une partie de l’opposition ivoirienne. Après une première rencontre avec le PPA-CI, le 1er septembre, la coalition formée par la CAP-Côte d’Ivoire, conduite par Pascal Affi N’Guessan, et le groupement de partis emmené par Simone Ehivet Gbagbo, a poursuivi ses consultations auprès du PDCI-RDA.
Une délégation d’une quinzaine de responsables s’est rendue, mercredi 9 septembre, au siège du vieux parti, à Cocody, avec un objectif affiché : parvenir à une position commune sur la réforme électorale avant d’engager un dialogue avec le gouvernement. Autour de la table, 17 responsables du PDCI-RDA ont échangé avec les représentants du groupement réunissant notamment le MGC de Simone Ehivet Gbagbo, l’ADCI d’Assalé Tiémoko et la CAP-Côte d’Ivoire d’Affi N’Guessan.
Au cœur des discussions : la création d’un Haut Conseil électoral (HCE), défendue par le groupement, et plus largement les modalités de mise en place du futur organe chargé de l’organisation des élections. L’absence du PPA-CI, remarquée lors de cette rencontre, n’a pas tardé à susciter des interrogations. Paul Agoubli, secrétaire général d’Objectif République, membre de la délégation, a tenu à préciser que le parti de Laurent Gbagbo n’avait pas été convié à cette étape de la concertation.
« Le PPA-CI n’était pas attendu. Nous nous sommes rendus au siège de ce parti pour leur exposer notre vision. C’est dans ce même élan que nous sommes au siège du PDCI-RDA. C’est par la suite que des travaux seront engagés de manière commune », a-t-il expliqué.La rencontre du 9 septembre s’inscrit donc dans une série de consultations bilatérales destinées, selon ses initiateurs, à rapprocher progressivement les différentes positions de l’opposition.
Le PPA-CI avait été reçu le 1er septembre, avant que la délégation ne poursuive ses échanges avec le PDCI-RDA.À l’issue de la réunion, Simone Ehivet Gbagbo a insisté sur la nécessité de construire une « unité de pensée » entre les formations politiques autour de la réforme du système électoral.« Nous avons eu la joie, le plaisir de rencontrer aujourd’hui le PDCI parce que depuis quelque temps nous organisons l’unité de pensée au niveau de la réforme que nous souhaitons, le système électoral en Côte d’Ivoire et donc, il faut créer cette unité-là », a déclaré la présidente du MGC.Après le PPA-CI, a-t-elle rappelé, la même démarche a été engagée auprès du PDCI-RDA.
L’objectif est désormais de parvenir à une proposition suffisamment consensuelle pour être présentée au gouvernement.Pour Simone Gbagbo, les prochaines élections doivent se tenir dans un climat de confiance, de transparence et de paix. Elle estime que la réflexion ne doit pas se limiter aux seuls partis politiques, mais intégrer également les organisations de la société civile.
Même si les formations de l’opposition peuvent diverger sur les contours du futur organe électoral, Pascal Affi N’Guessan estime que l’essentiel se situe ailleurs : obtenir du gouvernement l’ouverture d’une véritable concertation.« Chaque parti politique, chaque organisation peut avoir une proposition différente mais quelle que soit la nature des propositions, il faut d’abord que nous puissions obtenir avec le gouvernement un dialogue sur le futur organe », a-t-il déclaré.
Le président de la CAP-Côte d’Ivoire refuse notamment que la réforme soit décidée unilatéralement par l’exécutif. Selon lui, le futur dispositif doit répondre aux préoccupations des différents acteurs politiques et sociaux.L’ancien Premier ministre fixe également un calendrier.
Pour lui, un accord doit être trouvé avant la rentrée parlementaire et avant que le gouvernement ne soumette un éventuel projet aux députés.« Le vrai débat doit se faire avant la rentrée parlementaire », insiste-t-il, identifiant deux conditions à la réussite de la démarche : l’acceptation, par le gouvernement, du principe du dialogue et la capacité de l’opposition à se présenter à cette discussion avec une proposition consensuelle.
Du côté du PDCI-RDA, la démarche a été accueillie favorablement. Philippe Ezaley, vice-président du parti, a salué des échanges qu’il a jugés « très enrichissants ». Le responsable du PDCI-RDA a notamment évoqué le partage d’expériences entre les différentes formations sur la question électorale, avec l’ambition de définir une stratégie commune pour obtenir du gouvernement l’ouverture d’une consultation.« Cet organe électoral n’est pas juste une question administrative. Ça concerne la vie de la nation », a-t-il souligné, rappelant que le gouvernement avait lui-même évoqué la perspective d’un « dialogue républicain » sur le futur organe électoral.
Le PDCI-RDA espère ainsi que cette consultation pourra se tenir avant la transmission du projet à l’Assemblée nationale.Alors que le parti de Tidjane Thiam célèbre cette année ses 80 ans d’existence et dispose d’un groupe parlementaire, Philippe Ezaley estime que le poids politique de chaque formation ne saurait remplacer une démarche collective. « C’est l’union qui fait la force », a-t-il résumé, en saluant l’initiative destinée à créer les conditions d’élections « libres et transparentes ».
Reste désormais à transformer ces consultations successives avec le PPA-CI, puis le PDCI-RDA en une position commune de l’opposition. Une étape qui pourrait s’avérer décisive avant l’éventuel face-à-face avec le gouvernement sur la réforme de l’organe électoral.
Maxime KOUADIO








