La multiplication des procédures judiciaires visant des responsables du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI) suscite des interrogations dans l’entourage de Guillaume Soro. Dans une publication diffusée ce vendredi 23 octobre sur la page Facebook de l’ancien président de l’Assemblée nationale, Moussa Touré, son chargé de communication, établit un parallèle avec le sort de Générations et Peuples solidaires (GPS) et s’interroge sur les intentions du pouvoir à l’égard de la formation de Laurent Gbagbo.
« Depuis janvier 2026, une mécanique silencieuse, mais implacable, est à l’œuvre contre le PPA-CI », écrit Moussa Touré. Selon lui, les convocations, arrestations et placements sous contrôle judiciaire visant plusieurs responsables du parti ne relèvent pas d’une succession de situations isolées, mais traduisent une dynamique qui affecterait progressivement son appareil dirigeant.
Pour étayer son analyse, le collaborateur de Guillaume Soro revient sur plusieurs dossiers judiciaires. Il cite notamment celui de Marie-Odette Lorougnon, vice-présidente du PPA-CI, convoquée en janvier devant un cabinet d’instruction et placée sous contrôle judiciaire, selon les éléments rapportés dans sa publication. Il évoque également le cas de Justin Koné Katinan, quatrième vice-président du parti.
Initialement visé par une plainte du RHDP pour diffamation, injure et diffusion de fausses nouvelles après des déclarations sur l’orpaillage illégal, celui-ci fait désormais face, selon Moussa Touré, à des accusations plus lourdes, notamment liées au terrorisme et au complot contre l’autorité de l’État.
La situation de Sébastien Dano Djédjé, président du Conseil stratégique et politique du PPA-CI, figure également dans son inventaire. Inculpé dans le cadre du dossier relatif aux troubles électoraux de 2025, il a été placé sous contrôle judiciaire en octobre. Moussa Touré souligne aussi la multiplication des convocations adressées à d’autres responsables, dont Daniel Billaud Zéréhoué, Emmanuel Ackah, Koua Justin Banouakou et Fabrice Lago, dit Steve Beko.« Faites le compte : un porte-parole emprisonné, des secrétaires généraux adjoints convoqués en série par la section antiterroriste, certains étant incarcérés, des vice-présidents sous contrôle judiciaire ou en détention », écrit-il, avant de relever que les procédures toucheraient plusieurs niveaux de la direction du parti.
Le précédent GPS au cœur des inquiétudes
Pour Moussa Touré, cette situation rappelle celle qu’a connue Générations et Peuples solidaires, le mouvement politique associé à Guillaume Soro, qui a fait l’objet d’une dissolution. Le chargé de communication estime que les poursuites engagées contre des responsables du PPA-CI pourraient annoncer une évolution similaire. Il affirme que, dans le cas de GPS, des procédures individuelles visant des membres de la direction avaient précédé la dissolution du mouvement.« Le cas le plus emblématique est celui de notre mouvement, Générations et Peuples solidaires (GPS), dont la prétendue dissolution a été prononcée à la suite de poursuites individuelles engagées contre des cadres de sa direction », écrit-il.
Moussa Touré rappelle également les critiques formulées par Guillaume Soro contre la candidature d’Alassane Ouattara à un troisième mandat présidentiel. Il soutient que le mouvement avait été sanctionné malgré l’absence, selon lui, d’appels à manifester ou à protester.
Des accusations jugées particulièrement graves
Le chargé de communication insiste sur la nature des infractions évoquées dans plusieurs dossiers : terrorisme, complot contre l’autorité de l’État, atteinte à la sûreté de l’État, association de malfaiteurs ou participation à un mouvement insurrectionnel. Il estime que la concentration de ces procédures sur des responsables occupant des fonctions stratégiques au sein du PPA-CI soulève des interrogations sur l’avenir de la formation politique.
Moussa Touré rapporte par ailleurs que Léon Emmanuel Monnet, président exécutif du PPA-CI, aurait indiqué que Laurent Gbagbo lui-même avait été convoqué par la section antiterroriste dans le cadre des événements d’octobre 2025.
Selon son récit, l’ancien président aurait refusé de répondre à cette convocation en invoquant son statut et la compétence qu’il attribue à la Haute Cour de justice.
Téné Birahima Ouattara au centre d’une interrogation politique
Au-delà des dossiers judiciaires, Moussa Touré avance une hypothèse sur les conséquences politiques possibles de cette situation. Il s’interroge notamment sur un éventuel lien entre l’affaiblissement du PPA-CI et les perspectives de succession au sommet de l’État.« Alassane Ouattara veut-il la dissolution du PPA-CI pour ouvrir un boulevard présidentiel à son frère Téné Birahima Ouattara ? », demande-t-il dans sa publication.
Moussa Touré élargit enfin son propos à la situation de l’opposition ivoirienne, qu’il estime confrontée à une pression croissante. Il met en garde contre les conséquences que pourrait avoir, selon lui, la multiplication des procédures judiciaires visant les responsables des partis adverses. « En Côte d’Ivoire, l’opposition paie chaque jour le prix de l’arbitraire. Aujourd’hui, veut-on lui faire payer le prix de son existence même ? », conclut-il.
Maxime KOUADIO








