À l’occasion d’Octobre Rose 2026, la Côte d’Ivoire fait le point sur la lutte contre le cancer du sein, une maladie qui demeure le premier cancer chez la femme dans le pays. Si ces dernières années ont été marquées par le renforcement des équipements et l’élargissement de l’offre de dépistage, le diagnostic à un stade précoce reste l’un des principaux défis à relever. Selon les estimations 2022 de l’Agence internationale de recherche sur le cancer (CIRC), relevant de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), la Côte d’Ivoire a enregistré 3 869 nouveaux cas de cancer du sein en 2022, pour 2 092 décès. Le cancer du sein représentait alors 33,5 % des nouveaux cas de cancer chez les femmes. Ces données constituent la principale référence nationale disponible en matière d’incidence et de mortalité liées à la maladie. En 2026, le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique indique, pour sa part, qu’environ 2 295 patientes sont prises en charge chaque année pour un cancer du sein, témoignant de l’importance persistante de cette pathologie dans le système de santé ivoirien.
Face à cet enjeu, les autorités sanitaires ont engagé ces dernières années un renforcement du dispositif de dépistage et de diagnostic. En 2025, la Côte d’Ivoire comptait 14 sites équipés pour la mammographie, dont 10 proposaient l’examen au tarif de 5 000 FCFA. À l’occasion de la campagne Octobre Rose 2025, le coût de la mammographie avait été exceptionnellement ramené à 2 000 FCFA, afin de favoriser l’accès au dépistage. La capacité de diagnostic a également été renforcée avec la disponibilité de la microbiopsie, un examen permettant de confirmer la nature d’une lésion suspecte. Le dispositif était notamment accessible à Abidjan, Bouaké et Yamoussoukro, tandis que l’ouverture de nouveaux centres à San Pedro et Korhogo avait été annoncée. Une nouvelle étape a été franchie en mars 2026 avec la réception, par le ministère de la Santé, de la première mammobile publique de Côte d’Ivoire. Ce camion médicalisé, destiné au dépistage du cancer du sein, a représenté un investissement d’environ 211 millions de FCFA. Sa vocation est d’aller à la rencontre des populations, notamment dans les zones où l’accès aux structures spécialisées demeure plus difficile. En mai 2026, le Programme national de lutte contre le cancer a également bénéficié d’un mammographe et d’un échographe supplémentaires, destinés à renforcer les capacités nationales en matière de dépistage et de prise en charge. Malgré ces avancées, un enjeu majeur demeure : détecter la maladie suffisamment tôt. Le ministère de la Santé souligne que de nombreux cas de cancer du sein sont encore diagnostiqués à un stade avancé. Or, plus la maladie est identifiée précocement, plus les possibilités de prise en charge sont importantes. L’enjeu d’Octobre Rose ne se limite donc pas à multiplier les équipements ou les campagnes de sensibilisation. Il consiste également à favoriser le recours précoce aux services de santé, à améliorer l’accessibilité financière et géographique du dépistage et à renforcer l’information des femmes sur les signes qui doivent conduire à consulter. En Côte d’Ivoire, les investissements réalisés ces dernières années montrent ainsi une volonté de renforcer la lutte contre le cancer du sein. La prochaine étape consiste désormais à faire en sorte que ces moyens atteignent effectivement le plus grand nombre de femmes et contribuent à réduire les diagnostics tardifs. À l’occasion d’Octobre Rose 2026, le défi reste donc clair : rapprocher le dépistage des populations, faciliter l’accès au diagnostic et faire du dépistage précoce un réflexe de santé publique.
SB








