À partir de janvier, la Côte d’Ivoire entend franchir un nouveau cap dans sa lutte contre le paludisme. Le Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP) prévoit l’introduction de nouveaux types de moustiquaires imprégnées, dont les insecticides seront adaptés aux différents niveaux de transmission et de résistance des moustiques selon les régions. La lutte contre le paludisme amorce un nouveau tournant en Côte d’Ivoire. Dès janvier 2027, les populations bénéficieront de moustiquaires imprégnées d’insecticides différenciés en fonction des réalités épidémiologiques et du niveau de résistance des moustiques dans les différentes zones du pays. L’annonce a été faite par le Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP), à l’occasion d’un séminaire consacré à la surveillance, au suivi et à l’évaluation des programmes de lutte contre la maladie, organisé récemment à Daoukro. La rencontre a réuni 25 acteurs issus des secteurs public et communautaire. Selon le directeur-coordonnateur du PNLP, Dr Tanoh Méa Antoine, cette nouvelle approche doit permettre de mieux adapter les moyens de prévention aux réalités locales. « Les Ivoiriens vont utiliser des moustiquaires avec des insecticides totalement différents », a-t-il expliqué.
La nouvelle stratégie prévoit notamment le déploiement de moustiquaires dites de dernière génération, aux côtés de modèles standards. Le choix des dispositifs sera déterminé en fonction du niveau de résistance des moustiques aux insecticides et du degré de transmission du paludisme dans les différentes zones ciblées. Le territoire national a ainsi été réparti en plusieurs catégories, allant des zones faiblement endémiques aux zones modérément endémiques, jusqu’aux zones caractérisées par une situation endémique plus complexe. Cette différenciation doit permettre au PNLP d’optimiser l’efficacité des interventions et de mieux répondre à l’évolution du phénomène de résistance aux insecticides, qui constitue un défi majeur pour les programmes de prévention du paludisme.
Parallèlement à la distribution de ces nouvelles moustiquaires, le programme prévoit d’intensifier les opérations de démoustication dans les zones particulièrement touchées par la maladie. Sakassou, Soubré et San Pedro figurent notamment parmi les localités ciblées par ce renforcement des interventions. Le séminaire de Daoukro avait également pour objectif de renforcer les capacités des acteurs engagés dans la surveillance et le suivi des programmes de lutte contre le paludisme. Les participants ont notamment été formés à la collecte, à la gestion et à l’exploitation des données sanitaires. Pour le PNLP, ces informations constituent un outil essentiel pour mesurer l’évolution de la maladie, identifier les zones à risque et orienter plus efficacement les interventions. La rencontre a été organisée en partenariat avec le projet « Measure Malaria », financé par l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID). Ce programme contribue au renforcement des mécanismes de suivi et d’évaluation ainsi qu’à l’amélioration des interventions du ministère de la Santé dans le cadre de la lutte contre le paludisme. À travers cette stratégie combinant moustiquaires adaptées, renforcement de la démoustication et amélioration de la surveillance épidémiologique, la Côte d’Ivoire entend accroître l’efficacité de sa riposte contre le paludisme. L’enjeu est de taille pour le pays, qui s’est fixé pour objectif d’éliminer la maladie à l’horizon 2030. L’adaptation des outils de prévention aux réalités de chaque zone apparaît ainsi comme l’un des leviers sur lesquels le PNLP entend s’appuyer pour accélérer les progrès et mieux protéger les populations exposées.
SB








