La Côte d’Ivoire franchit une nouvelle étape dans la formation de ses spécialistes en santé. Le premier Concours national d’internat en odonto-stomatologie, session 2025-2026, a été officiellement lancé lundi 28 septembre à l’UFR d’Odonto-Stomatologie de l’Université Félix Houphouët-Boigny, à Cocody.
Les épreuves se poursuivront jusqu’au 2 octobre.Organisé par le ministère de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle, à travers la Direction des établissements privés et des professions sanitaires (DEPPS), en collaboration avec le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, le concours prévoit 20 postes d’internes.
Pour cette première édition, 38 dossiers de candidature ont été enregistrés et validés, selon la DEPPS. Les candidats sont appelés à se départager dans le cadre d’une sélection placée sous le signe de la rigueur, de la transparence et de l’impartialité.Pour la professeure Kra Sina Aline, responsable de l’UFR d’Odonto-Stomatologie, cette première édition constitue une étape importante pour la discipline en Côte d’Ivoire. « Pour la première fois, notre pays franchit une étape décisive avec l’organisation d’un concours d’internat en odonto-stomatologie consacré par décret », a-t-elle déclaré.
Selon elle, l’enjeu dépasse le seul cadre académique. L’internat doit permettre de renforcer les compétences spécialisées, les équipes hospitalo-universitaires et la recherche clinique. Il doit également contribuer à répondre aux besoins en soins bucco-dentaires. « Former davantage de spécialistes en Côte d’Ivoire, c’est donc améliorer la qualité des soins, renforcer notre offre de santé et mieux répondre aux besoins de nos populations », a-t-elle souligné.
La mise en place de cet internat intervient après l’adoption du décret n°2024-894 du 17 octobre 2024, qui institue le concours et fixe le statut et le recrutement des internes en odonto-stomatologie. L’arrêté interministériel n°00921 du 2 décembre 2025 est venu préciser les conditions d’organisation du concours.
Dr Marie-Josèphe Bitty, directrice des établissements privés et des professions sanitaires, a rappelé que cette première édition est le fruit d’une collaboration entre les ministères de la Santé et de l’Enseignement supérieur, ainsi que l’Université Félix Houphouët-Boigny.« La présente cérémonie marque le lancement de la première édition du Concours national d’internat en Odonto-Stomatologie », a-t-elle indiqué, estimant que l’initiative constitue une étape dans le renforcement du système de santé et la formation des futurs spécialistes.
Elle a précisé que les 38 dossiers avaient été validés lors d’une réunion tenue le 3 septembre. Pour cette première édition, une disposition exceptionnelle a permis à des diplômés en odonto-stomatologie, dont la date de soutenance intervient dans un délai maximal de cinq ans à compter de la signature de l’arrêté portant organisation du concours, de prendre part aux épreuves.
Le processus de sélection sera supervisé par un jury général avec l’appui d’enseignants, d’experts et d’équipes techniques. La DEPPS a appelé les différents acteurs à veiller au respect des principes d’« équité, de transparence, d’impartialité et d’exigence ».
Représentant le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, le professeur Koffi Gnagne Yolande a, pour sa part, insisté sur la responsabilité du jury. « J’invite donc le jury à appliquer la plus grande rigueur et la plus grande impartialité », a-t-elle déclaré.
Du côté du ministère de la Santé, Dr Coulibaly Soltié, directrice de cabinet adjointe et représentante du ministre Pierre Dimba, a qualifié le lancement de ce concours d’« étape inédite et historique » pour la formation des spécialistes en odonto-stomatologie. Elle a rappelé que l’internat avait été introduit en médecine en 1968, puis en pharmacie en 1982. « Il était naturel que l’odonto-stomatologie rejoigne la famille », a-t-elle relevé.
Pour la responsable du ministère de la Santé, cette réforme intervient alors que les plateaux techniques se renforcent, que de nouveaux terrains de stage sont ouverts dans les établissements hospitaliers régionaux et que les UFR des sciences de la santé se développent à l’intérieur du pays.« L’internat constitue la pépinière de notre relève médicale et universitaire », a-t-elle déclaré.
Les internes doivent ainsi participer à la prise en charge des patients et aux permanences hospitalières, tout en poursuivant leur formation spécialisée.
Au-delà de la sélection des 20 futurs internes, les autorités veulent inscrire cette première édition dans une stratégie plus large de développement des ressources humaines spécialisées. La professeure Kra Sina Aline a ainsi appelé les candidats à aborder les épreuves avec « rigueur, humilité, intégrité et détermination ». « Vous êtes les pionniers d’une réforme historique », leur a-t-elle lancé.
Le concours doit également contribuer à renforcer la formation et la recherche dans le domaine de l’odontologie. Pour les autorités sanitaires, l’objectif est de disposer progressivement d’un nombre plus important de spécialistes formés en Côte d’Ivoire, afin de répondre aux besoins de la population et de consolider l’offre de soins spécialisés.
Les candidats retenus intégreront un cursus d’internat d’une durée de quatre ans. Avec cette première édition, la Côte d’Ivoire entend ainsi poser les bases d’une filière nationale de spécialistes en odonto-stomatologie.
Maxime KOUADIO








