À Anyama, ce mardi 29 septembre, le message des autorités sanitaires et des cardiologues ivoiriens était résolument tourné vers l’action. La Journée mondiale du cœur, organisée par le ministère de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle, à travers le Programme national de prévention des maladies non transmissibles, a été consacrée cette année au thème « Utilisez votre cœur pour agir ».
La rencontre a réuni autorités administratives et sanitaires, professionnels de santé, organisations de la société civile et populations autour d’un même enjeu : mieux prévenir les maladies cardiovasculaires.
Selon les chiffres de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), ces pathologies représentent 15 % des décès liés aux maladies non transmissibles en Côte d’Ivoire. À l’échelle mondiale, elles demeurent la première cause de mortalité.
Des maladies qui avancent en silence
Le principal défi reste celui du dépistage. Beaucoup de personnes ignorent leur hypertension, leur diabète ou leur exposition à d’autres facteurs de risque jusqu’à l’apparition d’une complication.« Une personne peut n’avoir aucun problème de santé et pourtant, quelques minutes plus tard, une simple mesure de la tension artérielle peut révéler une hypertension », a expliqué Séka Flora, secrétaire générale de la Fondation de l’Institut de cardiologie d’Abidjan (FICA).
Pour elle, le dépistage doit devenir un réflexe. « Agir, c’est connaître son état de santé avant que la maladie ne se manifeste », a-t-elle insisté.vSon appel porte également sur les habitudes quotidiennes : contrôler sa tension et sa glycémie, surveiller son poids, pratiquer une activité physique, réduire le sel et les matières grasses, consommer davantage de fruits et légumes et éviter le tabac.« N’attendez pas d’être malade pour agir. Contrôlez votre tension. Faites contrôler votre glycémie. Bougez davantage. Mangez mieux. Prenez soin de votre cœur », a-t-elle lancé.
Aller au-devant des patients
Pour le président de la Société ivoirienne de cardiologie (SICA), Pr Adoubi Kassi Anicet, l’enjeu est désormais de rapprocher la prévention des populations.« Beaucoup ne connaissent pas leur tension artérielle. Beaucoup découvrent la maladie trop tard, après un AVC, un infarctus, une insuffisance cardiaque ou une autre complication », a-t-il relevé.Hypertension, diabète, obésité, tabagisme, sédentarité et alimentation déséquilibrée sont notamment concernés.
La réponse, selon le cardiologue, doit passer par une présence accrue sur le terrain. « La prévention ne doit pas rester enfermée dans les hôpitaux. Elle doit aller dans les quartiers, dans les villages, dans les universités, dans les entreprises, dans les lieux de travail », a-t-il déclaré.
La SICA entend poursuivre ses campagnes de dépistage auprès des populations urbaines et rurales, mais aussi dans les milieux étudiant et professionnel. L’organisation souhaite parallèlement renforcer la formation des personnels de santé et améliorer l’accès aux traitements et aux examens cardiovasculaires.
Le défi de l’action
Représentant le représentant de l’OMS en Côte d’Ivoire, le Dr Ané Amboise a résumé l’esprit de cette édition : passer du constat à l’action.« Pendant des années, nous avons sensibilisé, expliqué et alerté. Mais aujourd’hui, il nous faut franchir une étape supplémentaire », a-t-il déclaré.
Le tabac, l’usage nocif de l’alcool, l’excès de sel, le manque d’activité physique, le surpoids, l’obésité, l’hypertension et le diabète figurent parmi les facteurs de risque identifiés.« Une partie importante de notre avenir cardiovasculaire se construit dans les choix que nous faisons chaque jour », a-t-il souligné.
Une stratégie de prévention
Représentant le ministre de la Santé, l’inspecteur général de la Santé, Dr Kpaho Bernard, a rappelé que la Journée mondiale du cœur s’inscrit dans une stratégie plus large de prévention des maladies non transmissibles.« Ce thème nous invite à franchir une étape décisive : passer de la sensibilisation à l’action concrète pour protéger la santé cardiaque de chaque citoyen », a-t-il déclaré.
Le Programme national de prévention des maladies non transmissibles prévoit notamment des campagnes de dépistage et de sensibilisation, des activités sportives, des conférences, des forums scientifiques et des actions de proximité.
À Anyama, autorités sanitaires et spécialistes ont ainsi voulu faire du 29 septembre plus qu’une journée de sensibilisation. Le pari est désormais de faire du dépistage, de l’activité physique et d’une meilleure hygiène de vie des réflexes durables pour réduire le poids des maladies cardiovasculaires en Côte d’Ivoire.
Maxime KOUADIO








