Les chiffres donnent le vertige. Ils ont été livrés par le Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, le Général Vagondo Diomandé, lors de sa communication inaugurale au Forum National sur le Foncier et la Cohésion Sociale. Forum initié par l’institution la Médiature de la République qui se déroule du 24 au 26 septembre 2026, à la Fondation Félix Houphouët Boigny pour la recherche de la paix à Yamoussoukro. « Nous avons observé de janvier 2026 à septembre 2026, nous avons enregistré 4396 conflits fonciers sur le plan national. Et disons heureusement, 2276 de ces conflits-là ont été réglés », a déclaré le Sécurocrate ivoirien en poursuivant sa présentation du tableau sombre. « Ces conflits ont malheureusement impacté 2319 villages, soit environ 26% des villages du territoire national. Plus grave, ces conflits-là ont occasionné 16 pertes en vie humaine. C’est beaucoup », a-t-il déploré.
Les épicentres de la violence foncière, a précisé le ministre de l’Intérieur, sont les régions du Tonkpi et du Guémon. « Il y a deux régions qui viennent en tête, malheureusement, de ces statistiques. Il y a le Tonkpi, il y a le Guémon. Ce sont ces deux régions qui constituent les principaux épicentres », a expliqué le Ministre de l’Intérieur et de la sécurité. « La région du Tonkpi a enregistré 776 conflits, soit 18 % du total national, et le Guémon, 734 conflits, soit 17,1%. A elles deux seules, ces régions de l’Ouest concentrent 35% des conflits fonciers enregistrés sur tout le territoire.
La fréquence est devenue quotidienne, presque horaire. « Une moyenne de 12 conflits fonciers sont enregistrés chaque jour auprès des autorités préfectorales. Ce qui témoigne donc de la fréquence des différends auxquels l’administration territoriale est quotidiennement confrontée », a expliqué le Gal. Vagondo Diomandé. Ces différends, déplore-t-il, dégénèrent parfois en drames sanglants. « A titre d’exemple, les 4 et 5 août dernier, un litige foncier qui est survenu à Kossandji dans la région de La Mé a dégénéré en affrontement et nous avons enregistré 7 morts et 16 blessés ».
Pour le Ministre de l’Intérieur et de la sécurité, le constat impose un changement de paradigme. « Au regard de ces données, nous avons tous ensemble une obligation collective d’agir dans le sens de l’anticipation pour garantir à nos populations des territoires sécurisés et paisibles. La prévention doit être au premier rang de nos préoccupations (…) La prévention passe également par la sécurisation foncière, la clarification des droits et des limites, la modernisation des procédures et la fiabilisation de l’information foncière. « Notre ambition doit désormais être de passer de la gestion des conflits à une véritable politique territoriale de prévention. Il s’agit, et j’insiste, de faire en sorte que partout sur le territoire national, l’État soit présent. Partout que l’État soit à l’écoute, que l’État soit prévoyant, que l’État soit protecteur et rassembleur ». Un message fort qui place les préfets, sous-préfets et chefs de villages au cœur de la solution pour éviter que plus aucun litige de champ ne se transforme en affrontement meurtrier.
Jean Noël ASSOUMOU








