Deux semaines après le tragique accident de la circulation survenu sur l’axe Touba-Biankouma, qui avait coûté la vie à 39 personnes, la justice ivoirienne passe à l’offensive. Dans un communiqué publié ce mercredi 29 juillet 2026, le procureur de la République près le Tribunal de première instance de Touba annonce l’ouverture de deux informations judiciaires et le placement sous mandat de dépôt de deux responsables présumés de la compagnie Diarra Transport.
Le drame s’était produit le lundi 13 juillet 2026 aux environs de 9 h 45, à proximité du village de Zouzousso 3. Le car de transport interurbain de la compagnie Diarra Transport, en provenance d’Odienné, avait quitté la chaussée avant de terminer sa course dans les eaux en crue du fleuve Bafing, où il s’était retrouvé partiellement immergé. Le bilan humain demeure particulièrement lourd : 39 personnes ont perdu la vie, parmi lesquelles le chauffeur et son apprenti, tandis que 45 passagers ont été blessés. Sept autres occupants s’en sont sortis indemnes. Au total, 91 personnes se trouvaient à bord d’un véhicule dont la capacité maximale autorisée était de 69 places.
Selon les conclusions préliminaires de l’enquête judiciaire, l’accident aurait été déclenché par l’éclatement du pneu avant droit, provoquant la perte de contrôle du véhicule par le conducteur. Toutefois, les investigations ont rapidement révélé plusieurs infractions susceptibles d’avoir aggravé les circonstances du drame.

Le parquet évoque notamment une surcharge importante du car, une vitesse excessive, ainsi que l’absence de visite technique, d’assurance automobile et de carte de transport en règle. Les enquêteurs indiquent également que de sérieux soupçons de falsification pèsent sur les plaques d’immatriculation utilisées par le véhicule.
À l’issue des investigations, Inza Diarrassouba, 47 ans, propriétaire du car accidenté, a été présenté au parquet le 24 juillet avant d’être placé sous mandat de dépôt. Il est poursuivi pour homicides involontaires, blessures involontaires, défaut d’assurance automobile, défaut de visite technique, défaut de carte de transport, usage de fausses plaques d’immatriculation ainsi que de mise en danger d’autrui. Le chef de gare de la compagnie Diarra Transport à Odienné, Daouda Sylla, âgé de 59 ans, a quant à lui été déféré le 28 juillet. Il est poursuivi pour surnombre de passagers dans un véhicule affecté au transport commercial et pour mise en danger d’autrui. Lui aussi a été placé en détention provisoire.
Ces poursuites s’appuient sur les dispositions de la loi n°63-527 du 26 décembre 1963 relative aux infractions en matière de police de la circulation, ainsi que sur plusieurs articles du Code pénal ivoirien. Cette procédure judiciaire marque une nouvelle étape dans le traitement de l’un des accidents routiers les plus meurtriers enregistrés en Côte d’Ivoire ces dernières années. Elle intervient dans un contexte où les autorités multiplient les appels au renforcement du contrôle des transports publics et au respect des normes de sécurité routière afin de limiter les drames sur les axes interurbains.
Maxime KOUADIO








