La célébration du Fatchué des Blessoué de Bidjanté, prévue jeudi 10 septembre 2026, fait désormais l’objet d’un bras de fer entre la chefferie du village et la mairie d’Attecoubé.
Alors que l’autorité municipale a annoncé la suspension de la cérémonie jusqu’à nouvel ordre, la chefferie de Bidjanté affirme, elle, qu’elle sera maintenue.
Dans une information officielle datée du 7 septembre 2026, le ministre Paulin Claude Danho, 1er vice-gouverneur du District autonome d’Abidjan et député-maire d’Attecoubé, a annoncé que la cérémonie prévue le jeudi 10 septembre n’aurait pas lieu « jusqu’à nouvel ordre ».
La décision municipale s’appuie notamment sur les conclusions de la réunion de concertation tenue le vendredi 4 septembre ainsi que sur l’arrêté municipal n°33/C.AT/SG du même jour. La mairie affirme vouloir prendre toutes les dispositions nécessaires pour garantir la sécurité et la tranquillité des populations, mais aussi favoriser la poursuite du processus de réconciliation en cours.
L’autorité municipale a par ailleurs averti que toute tentative de trouble à l’ordre public serait susceptible de faire l’objet de poursuites judiciaires.Cette décision ne passe toutefois pas du côté de la chefferie de Bidjanté.
Dans un courrier officiel daté du 7 septembre, le chef de Bidjanté, Ahizi E. Djagoua Guy, conteste formellement l’arrêté municipal portant interdiction ou report de la cérémonie traditionnelle.
La chefferie estime notamment que l’organisation d’une cérémonie traditionnelle relève d’une information préalable des autorités et non d’une autorisation municipale. Elle s’appuie, dans son courrier, sur plusieurs références juridiques et jurisprudentielles pour soutenir sa position.
Autre point de désaccord : le motif sécuritaire avancé par la mairie. Pour la chefferie, la réunion de concertation du 4 septembre devait plutôt s’inscrire dans la continuité des discussions destinées à favoriser la réconciliation, conformément aux recommandations du préfet.
Elle conteste donc que cette rencontre ait pu déboucher sur une mesure d’interdiction de la cérémonie.La chefferie de Bidjanté va plus loin en considérant que l’arrêté municipal est juridiquement contestable. Elle affirme, en conséquence, être dans son droit de poursuivre l’organisation de la cérémonie.
La position du village est ainsi sans ambiguïté : le Fatchué des Blessoué reste maintenu pour le jeudi 10 septembre 2026, malgré la décision annoncée par la mairie d’Attecoubé.
À deux jours de la date prévue, les positions apparaissent donc diamétralement opposées. D’un côté, la municipalité invoque la sécurité, la tranquillité publique et la nécessité de préserver le processus de réconciliation.
De l’autre, la chefferie revendique le caractère traditionnel de la cérémonie et conteste la compétence de la mairie à en ordonner le report.
L’issue de ce bras de fer dépendra désormais des suites qui seront données aux démarches des deux parties et, le cas échéant, de l’intervention des autorités administratives ou judiciaires compétentes.
Maxime KOUADIO








