Un camion transportant 78 ânes en provenance du Mali et à destination du Ghana a été intercepté par la brigade mobile des douanes de Korhogo dans la nuit du 27 au 28 juillet à M’Bengué. Le suspect équipage n’avait pas le moindre document administratif ni douanier. C’est d’ailleurs cette défaillance qui a aiguisé l’attention des douaniers ivoiriens ce jour-là.
Le trafic est alimenté par la demande de peaux d’ânes pour produire l’ejiao, une gélatine traditionnellement consommée en Chine. La commercialisation des ânes à des fins commerciales est interdite sur le territoire ivoirien. L’opération s’est déroulée en présence du colonel Vagba, chef des douanes de Korhogo, de Soro Mamadou, directeur régional des Ressources animales et halieutiques, ainsi que du député-maire de M’Bengué. La mobilisation des autorités locales qui accorde une attention particulière à cette affaire dans une région où les trafics transfrontaliers sont une préoccupation récurrente.
Selon une source proche du dossier, les animaux avaient pour destination le nord du Ghana, où existeraient des réseaux spécialisés dans l’abattage des ânes et la récupération de leurs peaux. Les animaux auraient été introduits en Côte d’Ivoire par des voies non officielles avant d’être regroupés puis chargés à bord du camion intercepté. Cette prise intervient dans un contexte régional marqué depuis plusieurs années par le développement du trafic d’ânes et de leurs peaux. Plusieurs réseaux avaient notamment été démantelés au Mali, au Niger et au Burkina Faso en 2015. Mais le phénomène persiste, alimenté par une demande internationale toujours plus forte.
Les ânes, particulièrement importants pour les activités agricoles et le transport dans de nombreuses communautés rurales d’Afrique de l’Ouest, sont devenus une cible privilégiée pour des réseaux criminels transnationaux. Ces derniers profitent notamment de la demande asiatique en peaux d’ânes pour produire l’ejiao. Cette gélatine, à laquelle certaines pratiques attribuent diverses vertus, est à l’origine d’un commerce international florissant.
Philomène Aquouamah








