Le corps enseignant du Haut-Sassandra observe, à partir de ce lundi 28 septembre 2028, un deuil régional de trois jours après le décès tragique, samedi, de Keïta Daouda, au corridor de Bédiala, sur l’axe Daloa–Bédiala.
Le Collectif des syndicats du secteur Éducation-Formation du Haut-Sassandra a décrété un arrêt de toutes les activités pédagogiques et administratives de ce lundi 28 au mercredi 30 septembre 2026, en signe de protestation et d’hommage. Cet appel intervient dans un climat de forte tension, les syndicats dénonçant également des violences visant plusieurs enseignants lors des échauffourées qui ont suivi l’annonce du drame.
Selon le récit du collectif syndical, KEITA Daouda, enseignant d’anglais au Lycée Moderne de Bédiala, circulait à moto, casque sur la tête et en possession de ses documents, derrière un camion qui venait de franchir le poste de contrôle. Une corde utilisée comme dispositif de régulation du trafic aurait été relevée brusquement après le passage du camion, heurtant violemment l’enseignant, qui serait décédé sur le coup. Les syndicats réclament une enquête indépendante pour établir les circonstances exactes de ce décès et examiner le dispositif de contrôle en place.
Dans la foulée, des collègues venus sur les lieux rapportent l’intervention du Groupement Mobile d’Intervention (GMI), l’usage de gaz lacrymogène, des poursuites, des coups portés à des enseignants et des téléphones arrachés ou endommagés. Un enseignant a été grièvement blessé au dos, à la tête et au pied avant d’être conduit à l’hôpital, selon le même rapport.
Pour marquer ces trois jours de deuil, des actions de protestation, des rassemblements et un piquet d’hommage sont prévus à Daloa et à Bédiala. Les syndicats entendent maintenir la pression jusqu’à l’ouverture d’une enquête et la prise de mesures concrètes pour la sécurité des enseignants sur les axes de la région.
Derrière la corde d’un corridor, c’est toute une profession qui se sent prise à la gorge : trois jours de deuil pour un enseignant, mais des semaines d’incertitude pour tous ceux qui, chaque matin, reprennent la route entre Daloa et Bédiala.
François M’BRA II








