L’ancien ministre des Sports et ex-député de Fresco, Alain Lobognon, a livré, ce samedi 22 août, sa lecture de la lutte contre l’orpaillage illégal en Côte d’Ivoire. Il préconise notamment d’imposer aux exploitants aurifères l’obligation de réparer les dégâts environnementaux causés par leurs activités.
La lutte contre l’orpaillage illégal passe-t-elle aussi par une responsabilisation accrue des exploitants miniers ? Pour Alain Lobognon, la réponse est clairement oui. Dans une publication rendue publique ce samedi, l’ancien ministre des Sports et ancien député de Fresco plaide pour l’application stricte du principe du « pollueur-payeur » à tous les acteurs de l’exploitation aurifère.
Dans son argumentaire, l’ancien élu établit un parallèle entre la déforestation et l’essor de l’orpaillage clandestin. Il déplore la disparition progressive du couvert forestier ivoirien, qu’il attribue notamment à des pratiques d’exploitation qui n’auraient pas suffisamment intégré l’obligation de reboisement.
Alain Lobognon s’attarde particulièrement sur la situation dans son fief de Fresco, dans le sud-ouest du pays. Il cite les forêts classées de Port-Gauthier, de Dassioko et d’Okromoudou, qu’il décrit comme fortement dégradées.
Selon lui, la végétation encore visible le long des axes routiers ne reflète plus l’état réel des espaces forestiers situés à l’intérieur des terres. L’ancien député estime que la pression exercée sur ces zones protégées se poursuit, malgré leur statut.
À cette dégradation ancienne s’ajoute désormais, selon lui, la multiplication des activités d’orpaillage sauvage. Une situation qui accentue la pression sur les sols, les cours d’eau et les espaces forestiers.
Pour enrayer cette dynamique, Alain Lobognon propose que les détenteurs de permis d’exploitation aurifère soient contraints de restaurer les terrains après leur passage. Il appelle notamment au rebouchage systématique des excavations et à la restauration du couvert végétal.
Cette obligation, estime-t-il, devrait concerner l’ensemble des exploitants, qu’il s’agisse des grandes entreprises minières, des opérateurs artisanaux légalement autorisés ou des orpailleurs clandestins.
« La règle du pollueur-payeur ne doit plus être une option », défend-il, considérant cette exigence comme l’un des principaux leviers de restauration des écosystèmes dégradés.
L’ancien ministre veut également croire aux capacités de résilience de la nature. Une fois les excavations comblées et les espaces libérés de la pression humaine, les saisons des pluies pourraient, selon lui, favoriser la reconstitution progressive de la végétation.
Il espère également une amélioration de l’état des rivières et des fleuves affectés par les boues et les substances chimiques utilisées dans certaines activités d’extraction aurifère.
Maxime KOUADIO








