Dans l’histoire du football ivoirien, africain, voire mondial, Me Roger Ouegnin réalise un record de longévité absolue ! Le dimanche 23 août 2026, à l’auditorium Adiko Niamkey de la Bourse du travail, d’au moins 2 000 places, qui s’est tout de même avéré trop exigu pour eux, les Actionnaires, les supporters de l’Asec Mimosas, ont fait le choix de la continuité et de la prolongation vis-à-vis de leur guide. Ils l’ont maintenu dans son fauteuil pour la huitième fois consécutive, pour un autre bail de cinq ans. Avec cette confiance que les Actionnaires lui ont renouvelée, Ouegnin poursuit 35 ans de règne ininterrompu à la tête de l’Asec Mimosas, l’un des plus grands clubs en Afrique. C’est du jamais vu dans l’écosystème du sport roi africain !
Sur les traces de Jean-Claude Hamel
À la tête de l’Asec Mimosas depuis le 19 novembre 1989, à l’âge de 38 ans, l’avocat d’affaires pulvérise quasiment tous les standards. L’ouvrier spécialisé, comme il se qualifie d’ailleurs, est sur les traces du Français Jean-Claude Hamel, qui avait gouverné l’AJ Auxerre de 1963 à 2009, soit pendant 46 ans sans discontinuité. Sur le continent africain d’abord, Ouegnin affiche une stabilité inédite face à des géants comme Al Ahly, Zamalek d’Égypte, le Wydad Athletic du Maroc ou le Tout Puissant Mazembe du Congo. À l’échelle mondiale ensuite, il surclasse également les légendes européennes, effaçant allègrement les 26 ans de Sir Alex Ferguson à Manchester United et les 22 ans d’Arsène Wenger à Arsenal en Angleterre.
L’Asec, désormais une… entreprise autonome avec de solides acquis
Si le boss de l’Asec dure aussi longtemps, c’est indéniablement parce qu’il a su transformer une simple association sportive en une véritable entreprise autonome. Concrètement, le club affiche un bilan financier impressionnant, caractérisé par un excédent massif de 1,70 milliard FCFA clôturé fin 2025. Cette solidité économique s’appuie par ailleurs sur un patrimoine foncier et des infrastructures remarquables. Fort de cette réussite structurelle, le dirigeant n’a d’ailleurs pas manqué, lors de l’Assemblée générale élective du 23 août 2026, d’attaquer les clubs ivoiriens encore dépendants des subventions fédérales, élevant par conséquent son modèle comme un exemple à suivre. « Moi, je marche avec le président de Rahimo FC, club champion du Burkina Faso. Il construit son club. Je ne suis pas dans les plaintes de “donnez-moi 200 ou 300 millions comme subvention” », avait-il ironisé face à une assemblée joyeuse.
Une Ligue des champions, 30 fois champion de Côte d’Ivoire, 21 Coupes nationales, 16 Supercoupes
Au-delà de ces infrastructures, Roger Ouegnin reste avant tout à la tête d’une véritable machine à gagner. Son palmarès, très éloquent et démonstratif, parle de lui-même puisqu’il cumule le record absolu de 30 titres de champion de Côte d’Ivoire, auxquels s’ajoutent 21 Coupes nationales et 16 Supercoupes. L’apothéose de ce règne demeure incontestablement le sacre continental historique remporté le 13 décembre 1998. En outre, cette suprématie sportive a été rendue possible grâce à l’académie MimoSifcom. Cette matrice exceptionnelle a, en effet, révélé des talents légendaires tels que Didier Zokora Maestro, Arouna Dindane, Baky, les frères Kolo et Yaya Touré ou Gervinho, tout en continuant de façonner la relève aujourd’hui avec des joueurs comme Bazoumana Touré, Oumar Diakité, Karim Konaté… Pour l’ouverture de ce nouveau pacte, l’objectif de Me Roger Ouegnin est particulièrement limpide. Il compte structurer davantage le club Jaune et Noir, qui pourra aller décrocher, à terme, une deuxième étoile en Ligue des champions de la CAF. Le chantier est donc relancé. Et Ouegnin a les moyens financiers et humains pour atteindre cet objectif à sa portée et relever d’autres grands défis, avec en point de mire l’achèvement de Gboro Gbata, le nouveau Centre d’entraînement, le Clairefontaine des Mimos, sis à Bingerville.
Eugène DJABIA







