Le football ivoirien est de nouveau au cœur d’une vive polémique. Cette fois, c’est le journaliste sportif Malick Traoré qui a déclenché un intense débat en multipliant les prises de parole critiques à l’encontre de la Fédération ivoirienne de football (FIF) et de son président, Yacine Idriss Diallo. Ses déclarations, largement relayées sur les réseaux sociaux, évoquent des dysfonctionnements profonds au sein de l’environnement des Éléphants et suscitent des réactions contrastées dans le paysage médiatique.
Dans une première publication, le journaliste dénonce ce qu’il présente comme une primauté des intérêts individuels sur l’intérêt collectif. Selon lui, cette situation empêcherait la sélection nationale de s’inscrire durablement parmi les grandes nations du football africain.
« Tant que les intérêts personnels seront au-dessus de l’intérêt collectif, l’équipe nationale de Côte d’Ivoire ne gagnera jamais sur la durée… il y aura des coups d’éclat, mais difficile d’installer des succès dans le temps », a-t-il notamment déclaré, avant de s’interroger sur l’absence de dialogue et les divisions qu’il estime présentes dans le football ivoirien.
Quelques heures plus tard, Malick Traoré est revenu sur l’entretien qu’il avait réalisé avec l’international ivoirien Nicolas Pépé après la non-sélection de ce dernier pour la CAN 2025 au Maroc. Il a défendu sa démarche journalistique, estimant qu’il était de son devoir de donner la parole à un joueur écarté d’une compétition majeure.
« J’ai toujours fait mon travail dans le respect de la déontologie (…) Si essayer de trouver des solutions ou donner des orientations pour la bonne marche du football en Côte d’Ivoire est un problème, alors je serai ce problème », a-t-il affirmé.
Mais c’est surtout une autre déclaration qui a provoqué une onde de choc. Le journaliste affirme que plusieurs joueurs de la sélection nationale n’auraient plus confiance dans le staff médical des Éléphants.
Selon lui, des internationaux estimeraient ne pas bénéficier d’une prise en charge médicale adaptée en cas de blessure. Il soutient également que certains joueurs auraient souhaité se faire accompagner par leur propre équipe médicale, à leurs propres frais, une demande qui aurait été refusée.
Ces affirmations, qui n’ont pas été étayées par des éléments publics au moment de leur diffusion, alimentent toutefois les interrogations sur le climat interne autour de la sélection nationale.
Les sorties de Malick Traoré n’ont pas tardé à provoquer des réactions. Parmi les plus virulentes figure celle du journaliste Martial Gohourou, considéré comme proche des dirigeants de la FIF.
Dans une longue réponse publiée sur les réseaux sociaux, Martial Gohourou accuse son confrère d’adopter une posture de « donneur de leçons » et de contribuer à fragiliser les institutions du football ivoirien.
Il estime que les critiques formulées minimisent les efforts entrepris par la direction actuelle de la Fédération pour moderniser le football national et professionnaliser les compétitions locales. Selon lui, qualifier les succès récents des Éléphants de simples « coups d’éclat » revient à ignorer le travail réalisé par les dirigeants, le staff technique et les joueurs.
Martial Gohourou reproche également à Malick Traoré de lancer des accusations sans apporter de preuves publiques, notamment lorsqu’il évoque une prétendue médiocrité ou une profonde division au sein du football ivoirien. Pour lui, ces déclarations reposent davantage sur des insinuations que sur des faits vérifiables.
Le journaliste estime enfin que ce type de prise de parole intervient à un moment où la sélection nationale a besoin de stabilité et de sérénité pour préparer ses prochaines échéances, jugeant qu’elle risque davantage d’alimenter les tensions que de favoriser les réformes.
Cette passe d’armes illustre les fractures qui continuent de traverser le football ivoirien, aussi bien au sein de ses acteurs que dans le paysage médiatique. Si les accusations de Malick Traoré soulèvent des questions importantes sur la gouvernance et le fonctionnement de la sélection nationale, elles restent, à ce stade, des déclarations qui n’ont pas fait l’objet d’une réponse officielle de la Fédération ivoirienne de football.
La FIF n’avait pas encore réagi publiquement à ces différentes allégations au moment de la rédaction de cet article.
GZ








