Ci-dessous une contribution d’un confrère Evariste Adou, Journaliste et Analyste politique, qui plaide pour la réhabilitation de la maison du PDCI-RDA de Yamoussoukro, qui tombe dans la ruine sur les terres natales du père-fondateur de ladite formation politique, feu Félix Houphouët-Boigny, et de l’actuel président du parti, Cheick Tidjane Thiam.
Le Conseil des ministres du 5 août 2026 a décidé de la réhabilitation du Centre culturel Jacques Aka de Bouaké. Cette décision constitue une initiative salutaire pour la promotion et le rayonnement de la culture ivoirienne, au regard de l’importante contribution que cette infrastructure a apportée au développement culturel et touristique de la région durant les années de prospérité de notre pays.
Dans cette même dynamique de préservation du patrimoine national, il apparaît opportun d’envisager la réhabilitation de l’ancienne Maison du PDCI-RDA de Yamoussoukro, communément appelée « Maison du Parti ».
Au nom de la mémoire du Président Félix Houphouët-Boigny, père fondateur de la Côte d’Ivoire moderne, et dont le Président Alassane OUATARA se réclame héritier politique, cet édifice mérite une attention particulière.
Construite à une époque où le PDCI-RDA était le parti unique, cette bâtisse est le fruit de l’effort collectif des Ivoiriens.
Entre 1960 et 1990, de nombreux fonctionnaires, agents de l’État et autres travailleurs contribuaient, à travers leurs cotisations, au financement du parti.
À ce titre, la Maison du Parti dépasse aujourd’hui le cadre d’un simple patrimoine partisan,elle constitue un véritable patrimoine historique national.

dont les rideaux transformés en haillons traduisent la profondeur du coma du siège
Par son architecture imposante et sa situation au cœur de la capitale politique, cet édifice fut l’un des symboles de la puissance de l’État ivoirien. C’est en son sein que furent organisées de nombreuses rencontres de haut niveau et que furent prises plusieurs décisions majeures sous l’autorité du Président Félix Houphouët-Boigny.
Elle représente ainsi une page essentielle de l’histoire politique de la Côte d’Ivoire.
Sa réhabilitation permettrait de lui donner une nouvelle vocation.
Elle pourrait accueillir un musée ou un mausolée consacré à l’histoire politique ivoirienne et à l’houphouëtisme.
Les nombreuses salles qu’elle abrite pourraient également être aménagées en espaces de conférences et de réunions, répondant ainsi aux besoins de Yamoussoukro, qui accueille régulièrement des rencontres nationales et internationales, parfois confrontées à une insuffisance d’infrastructures adaptées.
Depuis plusieurs décennies, le PDCI-RDA n’exerce plus le pouvoir et ne dispose plus des moyens nécessaires pour restaurer cet important patrimoine.
Il serait donc souhaitable que l’État prenne en charge sa réhabilitation et confie sa gestion au ministère du Tourisme.
Une telle initiative contribuerait à renforcer l’attractivité touristique de Yamoussoukro, tout en générant des recettes grâce aux visites du site.
Dans le même esprit, la résidence privée du Président Félix Houphouët-Boigny mérite également d’être restaurée et protégée.
Elle constitue un élément majeur du patrimoine national et un témoin de l’histoire de la Côte d’Ivoire. Sa transformation en musée ou en lieu de mémoire permettrait aux jeunes générations de mieux connaître la vie, la vision et l’héritage politique du premier Président de la République.
À l’image de plusieurs résidences historiques transformées en musées à travers le monde, notamment celle de l’ancien Président Sud-africain Nelson Mandela, la résidence de Félix Houphouët-Boigny pourrait devenir un haut lieu de mémoire et de transmission de l’histoire nationale.
Les visiteurs, guidés par des professionnels, découvriraient les valeurs, les réalisations et la philosophie de l’houphouëtisme qui ont marqué la construction de la Côte d’Ivoire moderne.
Selon plusieurs témoignages, certains objets de valeur de cette résidence auraient disparu au fil des années, donnant lieu à des procédures judiciaires. Cette situation renforce la nécessité d’une restauration rapide, accompagnée de mesures efficaces de protection et de conservation.
La réhabilitation de la Maison du Parti et de la résidence du Président Félix Houphouët-Boigny constituerait un investissement dans la mémoire collective, la culture et le tourisme.
Ces deux sites pourraient devenir des pôles d’attraction majeurs, créateurs de richesses, d’emplois et de revenus pour l’État et les collectivités locales, tout en permettant de transmettre aux générations futures une part essentielle de l’histoire politique de la Côte d’Ivoire.
Préserver notre patrimoine, c’est préserver notre mémoire. Réhabiliter ces lieux historiques, c’est rendre hommage aux bâtisseurs de la nation et offrir à la jeunesse des repères solides pour comprendre l’histoire de son pays.
Par Évariste Adou, Journaliste et Analyste politique
NB: Le titre et le chapeau sont de la rédaction






