Une rencontre communautaire organisée à Bouaké le 26 septembre 2026 par l’Organisation pour la Réflexion et l’Action Féministe (ORAF), dans le cadre du projet « Agir au Féminin pour la R1325 », a placé les femmes, la gestion des terres et la sécurité au cœur des débats. Elle s’inscrit dans le programme « Féministes, Paix et Sécurité », mis en œuvre par l’ORAF avec le soutien de l’Agence française de développement (AFD) et d’Equipop. Cette réunion vise à renforcer la participation des femmes aux dynamiques de paix et de sécurité en Côte d’Ivoire, en lien avec la Résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies.
Réunissant organisations partenaires, autorités locales, société civile et acteurs de terrain, les échanges avaient pour thème : « Femmes, Terres et Sécurité ». Au centre du débat, l’impact de l’orpaillage illégal sur l’environnement et la sécurité a été vivement dénoncé. Les participants ont pointé les dégâts écologiques de cette activité clandestine: destruction de terres agricoles, pollution des cours d’eau, déforestation, ainsi que les tensions sociales et conflits liés à l’accès aux ressources.
Les travaux ont également mis un point d’honneur sur l’orpaillage illégal qui n’est plus seulement une question environnementale, mais aussi et surtout un facteur d’insécurité menaçant la cohésion sociale et la paix dans plusieurs localités, y compris la région du Gbêkê.
La rencontre a permis de mettre en lumière le rôle essentiel des femmes et des acteurs locaux dans la prévention des conflits et la protection des ressources naturelles. Premières affectées par la dégradation des terres et l’insécurité, les femmes sont aussi des actrices majeures de la résilience communautaire et de la médiation locale.
En valorisant leurs initiatives et en prenant en compte leurs propositions, l’ORAF a réaffirmé sa conviction qu’une paix durable ne peut se construire sans une inclusion effective des femmes et des communautés de base dans les processus de décision.
Inza Kifory Ouattara, Délégué régional du Conseil National de la Jeunesse de Côte d’Ivoire (CNJCI) pour la région du Gbêkê, a salué cette initiative et appelé à mobiliser la jeunesse autour de ces enjeux. « La préservation de notre environnement et la consolidation de la paix sont l’affaire de tous », a-t-il souligné, invitant les jeunes à s’approprier ces combats et à devenir des relais actifs de sensibilisation, de vigilance et d’action dans leurs communautés.
Connue pour son engagement en faveur de la cohésion sociale et de l’insertion des jeunes, la délégation régionale du CNJCI du Gbêkê entend faire de la protection de l’environnement et de la prévention des conflits des priorités de son action.
Entre orpaillage illégal, terres dégradées et insécurité grandissante, la bataille pour la paix et la durabilité ne se gagnera pas sans les femmes, sans les communautés et, surtout, sans une jeunesse debout, informée et déterminée.
À Bouaké, l’ORAF vient de tracer le chemin; la jeunesse est désormais attendue sur le terrain.
François M’BRA II, Correspondant Régional








