À l’approche de l’inauguration des postes de péage sur l’axe Abidjan-San-Pedro, le débat sur l’opportunité de faire payer un droit de passage aux usagers de la Côtière s’anime. Dans une publication datée du 2 octobre 2026, Alain Lobognon, ancien ministre des Sports et ex-député de Fresco, estime que le péage peut contribuer à garantir la durabilité de cette infrastructure routière.
L’ancien responsable politique rappelle les débats qui avaient entouré le projet de la Côtière. En mars 2015, lors d’un conseil des ministres délocalisé à San-Pedro, la question de la rentabilité de cet axe avait notamment été évoquée.
Selon lui, certains considéraient alors le projet comme peu rentable, tandis que d’autres estimaient qu’une route ne pouvait être rentable que si elle était d’abord praticable.« Le Président de la République trancha et ordonna la construction d’une autoroute », rappelle Alain Lobognon.
Usager de cette voie à l’époque où elle se trouvait dans un état fortement dégradé, l’ancien ministre affirme avoir soutenu le principe d’un péage dès lors que celui-ci permettrait de financer l’entretien de l’ouvrage. Il souligne toutefois que cette contribution ne devait pas empêcher les populations de continuer à utiliser cet axe économique dans de bonnes conditions de sécurité.
Pour illustrer son propos, Alain Lobognon revient sur les difficultés rencontrées avant la réhabilitation de la Côtière. Il évoque notamment le trajet de 190 kilomètres entre Abidjan et Fresco, qui pouvait, selon lui, nécessiter entre cinq et sept heures de route et entraîner des dépenses supplémentaires liées à l’entretien des véhicules.
À ces coûts s’ajoutaient, poursuit-il, les dépenses de carburant, les marchandises endommagées, ainsi que les risques d’accidents. Pour l’ancien député de Fresco, le péage ne constitue donc pas nécessairement une charge nouvelle pour les usagers. Il considère plutôt qu’il peut remplacer une partie des « coûts cachés » générés par une route dégradée par un tarif clairement établi.
Alain Lobognon estime par ailleurs que la dégradation des infrastructures routières est souvent liée à l’insuffisance d’entretien. Il présente ainsi le péage comme « l’un des rares mécanismes » permettant aux utilisateurs d’une route de contribuer directement à sa maintenance et à sa durabilité.
L’ancien ministre reconnaît toutefois que les réserves exprimées par certains usagers peuvent être entendues. Riverains, transporteurs et petits commerçants, souligne-t-il, doivent notamment bénéficier de garanties concernant le niveau des tarifs, les conditions réservées aux usagers réguliers et la gestion des recettes.Il insiste également sur la nécessité d’une gestion transparente des revenus issus du péage et d’un entretien visible de l’infrastructure.
Pour lui, l’acceptation du dispositif dépendra de ces garanties.« C’est à cette condition que le péage sera accepté, et non subi », écrit-il.En conclusion, Alain Lobognon considère que le péage s’inscrit dans la continuité de la décision ayant conduit à transformer la Côtière en autoroute.
Selon lui, ce dispositif doit permettre de préserver l’investissement réalisé et de garantir la pérennité de l’axe Abidjan-San-Pedro au bénéfice des usagers actuels et futurs.La mise en service des postes de péage devrait ainsi relancer le débat sur l’équilibre entre financement de l’entretien des infrastructures, coût pour les usagers et accessibilité de cet important corridor routier.
Maxime KOUADIO








