Sept organisations professionnelles agricoles de la filière café-cacao ont animé, ce mardi 28 juillet 2026 à Abidjan Cocody-Angré, une conférence de presse pour interpeller les autorités sur la situation des stocks de cacao inventoriés mais non enlevés, ainsi que sur la gestion des 291 milliards de fcfa affectés à l’opération d’enlèvement de 100 000 tonnes de cacao.
Réunies sous la bannière de leurs différentes organisations, notamment la Coordination nationale du monde agricole de Côte d’Ivoire (CNMACI), le Syndicat national des agriculteurs pour la renaissance des filières agricoles de Côte d’Ivoire (SYNARFACI), le Syndicat national des producteurs de café-cacao de Côte d’Ivoire (SYNAPROCACI) et d’autres structures professionnelles, les organisations ont indiqué plusieurs milliers de tonnes de cacao inventoriées par le Conseil Café-Cacao auprès des coopératives, demeurent encore stockées chez les producteurs faute d’enlèvement. Une situation qui, selon elles, entraîne une dégradation de la qualité des fèves, occasionne des pertes financières pour les planteurs et fragilise la confiance dans le système de commercialisation. Ces producteurs se sont aussi interrogés sur la gestion des 291 milliards de FCFA affectés à l’enlèvement de 100 000 tonnes de cacao. Ils demandent que toute la lumière soit faite sur l’utilisation de ces ressources et réclament la réalisation d’un audit indépendant dont les résultats devront être rendus publics. « Notre objectif est double : obtenir l’enlèvement des stocks inventoriés non enlevés afin de préserver les revenus des producteurs et la qualité du cacao, mais aussi faire auditer la gestion des 291 milliards de FCFA destinés à cette opération », ont-ils déclaré.
Ils ont par la même occasion salué la décision de l’Etat de débloquer cette enveloppe destinée à soutenir les producteurs. Ces organisations ont également estimé que cette initiative doit être accompagnée d’une totale transparence dans sa mise en œuvre. « Une bonne décision peut être dévoyée lorsqu’elle tombe entre de mauvaises mains », ont-elles indiqué, rappelant que les producteurs restent le socle de l’économie ivoirienne, mais demeurent parmi les acteurs les plus fragiles de la chaîne de valeur.
Les organisations professionnelles ont par ailleurs appelé le ministère de l’Agriculture, l’Inspection générale des finances, la Cour des comptes, le parquet ainsi que les structures de lutte contre la corruption à diligenter des investigations afin de clarifier la situation.
Elles ont demandé au Conseil Café-Cacao de communiquer l’ensemble des documents relatifs à cette opération afin d’éclairer l’opinion publique. « Notre combat n’est dirigé contre aucune personne. Il est celui de la vérité, de la justice et de la dignité des producteurs ivoiriens. L’argent destiné aux paysans doit revenir aux paysans », ont-elles conclu, annonçant leur mobilisation pour défendre les intérêts des producteurs.
Christelle KOFFI








