La contestation monte dans les bassins de production de cacao en Côte d’Ivoire. Réunis jeudi 23 juillet à N’Douffoukankro, dans le centre du pays, des responsables d’organisations de producteurs ont exprimé leur inquiétude face au maintien de stocks de fèves qu’ils affirment toujours invendus, malgré l’annonce d’une enveloppe de 291 milliards de FCFA destinée à leur rachat.
À l’appel de la Coordination Rurale de Côte d’Ivoire (CR-CI), cette rencontre a servi de tribune pour interpeller les autorités sur la gestion de ces fonds et les difficultés persistantes rencontrées par les coopératives. Les participants ont notamment réclamé davantage de transparence, estimant que de nombreuses interrogations demeurent sans réponse. Selon les représentants des producteurs, l’État avait mobilisé ces ressources afin de faciliter l’acquisition d’environ 123 000 tonnes de cacao restées en stock. Pourtant, soutiennent-ils, une partie importante de ces volumes serait encore entreposée dans des magasins, plaçant plusieurs coopératives dans une situation financière délicate.
Le président de la Coordination Rurale de Côte d’Ivoire, Léonard Éhora Yao, explique que certaines coopératives ont contracté des emprunts pour acheter les récoltes des planteurs, convaincues que les stocks seraient rapidement évacués. Le maintien du cacao dans les entrepôts fragilise désormais leur trésorerie et alimente les inquiétudes des producteurs.
Au-delà de la question des stocks, les organisations présentes dénoncent les difficultés économiques auxquelles restent confrontés les planteurs. Elles estiment que les revenus tirés de cette culture stratégique ne permettent pas toujours de faire face aux dépenses essentielles des ménages ruraux, notamment en matière de santé, d’éducation ou de remboursement des crédits.
Face à cette situation, les syndicats réclament un audit sur l’utilisation des 291 milliards de FCFA afin de déterminer le circuit suivi par les fonds et d’identifier les éventuels dysfonctionnements. Pour Albert Sidi Guéhi, président du Syndicat national des producteurs de café-cacao de Côte d’Ivoire, cette démarche est indispensable pour établir les responsabilités et rétablir la confiance.
Les responsables syndicaux annoncent également leur intention de saisir les autorités compétentes afin d’obtenir des réponses sur le devenir des stocks encore immobilisés. Ils estiment qu’une résolution rapide de cette situation est nécessaire pour éviter qu’elle ne pèse sur la prochaine campagne cacaoyère et sur les revenus de milliers de producteurs.
G.Z








