La Côte d’Ivoire est le pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) où les prix à la consommation ont le plus augmenté au premier trimestre 2026. C’est ce que révèle le dernier Rapport sur la politique monétaire de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), qui établit le taux d’inflation annuel du pays à 1,8 %, le niveau le plus élevé des huit États membres de l’Union. Selon les données de la BCEAO, la Côte d’Ivoire devance le Sénégal (0,9 %), le Togo (0,7 %), le Burkina Faso (0,5 %), le Mali (0,2 %) et le Bénin (0,1 %). À l’inverse, le Niger (-10,0 %) et la Guinée-Bissau (-3,6 %) enregistrent une baisse du niveau général des prix.
Malgré cette première place au sein de l’UEMOA, le taux d’inflation ivoirien demeure inférieur au plafond communautaire de 3 % fixé par les critères de convergence de l’Union. À l’échelle de l’UEMOA, l’inflation s’est établie à -0,2 % au premier trimestre 2026, contre -0,8 % au trimestre précédent. La BCEAO explique cette progression des prix en Côte d’Ivoire principalement par le renchérissement du logement et des produits alimentaires. La hausse des coûts du logement est alimentée notamment par l’augmentation des charges locatives (+4,0 %), des services d’approvisionnement en eau (+8,1 %) ainsi que des services de réparation et d’entretien des habitations (+2,0 %). Du côté de l’alimentation, l’institution monétaire souligne une accélération des prix de la viande fraîche (+9,3 % contre +8,4 % précédemment) ainsi qu’un retournement des prix du poisson frais, qui repartent à la hausse (+0,1 % après une baisse de 11,1 %). En revanche, cette dynamique a été partiellement compensée par un ralentissement de l’augmentation des tarifs dans le secteur des communications.

Le rapport met également en évidence des situations contrastées au sein de l’Union. Au Sénégal, l’inflation a nettement ralenti, passant de 2,5 % à 0,9 %, sous l’effet d’une baisse des prix de plusieurs produits alimentaires, notamment la viande et le lait. Au Bénin, le taux d’inflation est tombé à 0,1 %, principalement grâce au recul des prix des céréales, des huiles végétales et des transports. Le Niger présente la situation la plus atypique avec une déflation de 10 %. Selon la BCEAO, cette évolution résulte essentiellement d’une forte baisse des prix des céréales, des légumes, du sucre et du poisson.
Au-delà des différences nationales, la Banque centrale relève que l’UEMOA continue de bénéficier d’un environnement de prix relativement stable comparativement à certains pays voisins. Au premier trimestre 2026, l’inflation atteignait ainsi 15,4 % au Nigeria et 3,2 % au Ghana, alors qu’elle ressortait à -0,2 % pour l’ensemble de l’Union.
Ces résultats illustrent une maîtrise globale des tensions inflationnistes dans l’espace UEMOA, même si la Côte d’Ivoire apparaît aujourd’hui comme le pays où les ménages font face à la plus forte progression des prix à la consommation au sein de l’Union.
G.Z








