Président de la Fédération ivoirienne des consommateurs ‘’Le Réveil’’, Soumahoro Ben N’FALY, se prononce, au détour de ces questions, sur la situation sur le transport et dans les marchés deux semaines après l’augmentation du coût des produits pétroliers en Côte d’Ivoire.
Depuis le 1er août, le gouvernement a augmenté le prix du carburant à la pompe. Quel est l’état des lieux faites-vous sur les marchés, en tant que président d’un mouvement de consommateurs, deux semaines après ?
Cette fois-ci, cette augmentation nous est tombée sur la tête, mais étant en intelligente collaboration avec le gouvernement, nous avons eu des rencontres avec les différents ministres pour essayer de voir comment le consommateur final peut ressentir cette augmentation. Puisque nous savons que sur le plan international, aujourd’hui, il y a de sérieux problèmes, et nous savons qu’en ce qui concerne notre pays, le gouvernement fait un effort en matière de subvention du carburant. Donc, dans un premier temps, il fallait discuter avec les transporteurs pour ne pas que ce soit répercuté aussitôt sur le transport. Et je pense que, Dieu merci, cela a été maîtrisé. Puisque si le transport n’est pas augmenté, le prix des marchandises ne peut pas être augmenté. Si vous augmentez les transports, les commerçants qui font transporter leurs marchandises vont augmenter. Cela va être généralisé. Il y a un comité de travail, nous avons travaillé pour faire comprendre cela. Maintenant, les transporteurs ont fait des propositions qui ont été soumises au ministre des Transports, qui, à son tour, va voir ces collègues du gouvernement pour essayer de satisfaire leurs revendications.
Effectivement, depuis l’augmentation, on a compris que les transporteurs n’ont pas encore augmenté. Qu’est-ce que vous vous êtes dit, et jusqu’à quand les transporteurs vont observer cette trêve-là ? Est-ce que vous vous êtes accordés sur un délai ?
C’est le résultat qui compte. Les discussions sont en cours, il faut éviter de venir les exposer sur la place publique, mais le plus important est que les négociations aboutissent, c’est que le transport n’a pas été augmenté. Nous faisons ce travail avec les membres du gouvernement et les transporteurs. Pour nous, il faut tout faire pour que les consommateurs ressentent moins cette augmentation des prix du carburants qui était inévitable.
Justement, inévitable en raison de la situation à l’international. Mais, il y a des Ivoiriens qui disent ne pas comprendre que la Côte d’Ivoire a annoncé avec beaucoup de publicité qu’elle a découvert et produit du pétrole alors qu’elle ne peut pas subventionner les prix quand on augmente à l’international ? Qu’en dites-vous ?
Écoutez, je suis content quand on fait des découvertes, mais pour leur information, et tout cela peut se vérifier, la Côte d’Ivoire ne fait même pas partie de l’association des pays producteurs. Notre niveau de production ne peut même pas nous permettre d’être dans cette association. Et puis, entre la découverte et l’exploitation, c’est une autre chose. Le Nigeria produit des millions de barils / jour, mais le Nigeria augmente le prix du carburant aussi. Nous, mouvement de consommateurs, nous sommes là en tant que facilitateurs, nous sommes là en tant qu’arbitre pour que le coût de la vie soit maitrisable. On ne peut pas dire que le coût de la vie ne peut pas augmenter, mais on fera tout le possible pour qu’on puisse faire tous les aménagements possibles pour amoindrir la charge des consommateurs. Nous sommes là pour ce travail technique, en tout cas, avec un seul souci, la protection des consommateurs.
Propos recueillis par F.D.B








