L’artiste ivoirien du coupé-décalé Maury Féré Soumahoro, alias Molare, a exprimé, ce vendredi, son opposition à l’orpaillage clandestin en Côte d’Ivoire. Dans une publication, il dénonce les conséquences environnementales de cette activité et appelle à renforcer les actions sur le terrain.
Molare a livré un plaidoyer en faveur d’une lutte renforcée contre cette activité qui continue de susciter de vives préoccupations environnementales et sécuritaires en Côte d’Ivoire.
L’artiste affirme avoir été directement témoin des conséquences de l’exploitation aurifère clandestine au fil de ses déplacements, effectués depuis plus de vingt ans à travers le pays. Il décrit notamment la transformation de lacs et de rivières, autrefois préservés, par les activités d’orpaillage.
Molare souligne également une autre dimension du phénomène : ses conséquences judiciaires. Évoquant une période de détention, il affirme y avoir rencontré de nombreux détenus liés à l’orpaillage, parmi lesquels des jeunes et des personnes plus âgées, mais aussi des Ivoiriens et des ressortissants d’autres communautés.
Selon lui, les lourdes peines prononcées à l’encontre de certains prévenus témoignent de la fermeté de la justice face à l’exploitation clandestine de l’or.
L’artiste dit par ailleurs avoir suivi une intervention du Vice-Premier ministre consacrée à la lutte contre l’orpaillage clandestin. S’il salue les prises de parole des autorités, il estime toutefois que les réponses doivent être particulièrement adaptées aux réalités des zones reculées, où les moyens de contrôle de l’État peuvent être plus difficiles à déployer.
Pour Molare, la réponse pourrait notamment passer par la mise en place d’une « véritable police de proximité environnementale ». Son idée consiste à associer directement les populations locales à la protection de leurs ressources naturelles.
Les jeunes et les chefferies traditionnelles pourraient, selon sa proposition, être responsabilisés et rémunérés pour surveiller les cours d’eau et contribuer à prévenir les activités clandestines.
Cette approche serait complétée par des projets de reconversion agricole rapides, afin d’offrir aux populations concernées des alternatives économiques à l’orpaillage.
Au-delà de la dénonciation, Molare souhaite ainsi ouvrir un débat sur les moyens de rendre la lutte plus efficace sur le terrain. « Et vous, quelles sont vos solutions ? », demande-t-il à son audience, appelant chacun à formuler des propositions concrètes plutôt qu’à se focaliser sur les « faux buzz ».
La sortie de l’artiste intervient alors que la lutte contre l’orpaillage clandestin demeure un enjeu majeur pour la préservation des ressources naturelles et la protection des populations en Côte d’Ivoire.
Maxime KOUADIO







